Aujourd'hui, la parole

I Dimanche de Carême
Saturday, 20 February 2021
( Gn 9, 8-15 / Ps 24 / 1 P 18-22/ Mc 1, 12-15 )   Les paroles priantes du psalmiste sont une bonne introduction à ce temps propice à la prière et à la conversion : " Souviens-toi, Seigneur, de ta...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

( Gn 9, 8-15 / Ps 24 / 1 P 18-22/ Mc 1, 12-15 )

 

Les paroles priantes du psalmiste sont une bonne introduction à ce temps propice à la prière et à la conversion : " Souviens-toi, Seigneur, de ta miséricorde et de ton amour, qui est de toujours " ( Ps 24, 6 ). Ces paroles peuvent nous donner une petite lueur pour comprendre le mystère du temps vécu par le Seigneur Jésus " dans le désert " ( Mc , 12 ). Imaginer le temps passé par le Seigneur au désert comme une longue et profonde méditation sur la miséricorde et sur l'amour, est quelque chose qui peut rendre plus attrayant et plus profitable le Carême que nous commençons à peine. De son côté, l'apôtre Pierre nous aide à caractériser ultérieurement le temps que nous nous accordons à vivre comme un temps de " magnanimité " se référant à Dieu qui " patientait pendant les jours où Noé fabriquait l'arche, sauvant des eaux peu de personnes, huit en tout" ( 1 P 3, 20 ). Si Dieu nous montre sa magnanimité en nous offrant encore une fois un temps pour la conversion, l'un des points de notre processus intérieur de changement pourrait bien être celui de grandir à notre tour en magnanimité. Il s'agit d'assumer les traits du patriarche Noé qui accepta de construire une arche, alors que personne aurait pu ou voulu penser au déluge...il a sans doute même été ridiculisé ! Et, pourtant, sa docilité et sa magnanimité pour se sauver non seulement lui-même, mais aussi une partie de la création, permet à la vie de recommencer sous le signe d'une bénédiction renouvelée : " Mon arc surgira des nuages et il sera le signe de l'alliance entre moi et la terre " ( Gn 9, 13 ). Voilà pourquoi, chaque fois que nous voyons apparaître un arc-en-ciel, nous sommes appelés à faire mémoire d'un événement encore plus merveilleux : " Christ est mort une fois pour nos péchés, juste pour les injustes, afin de nous mener vers Dieu " ( 1 P 3, 18 ). Ce mystère de solidarité du Christ Seigneur avec notre humanité commence justement dans le désert où le Verbe assume et vit notre combat intérieur afin de racheter dans sa victoire chacune de nos défaites dans la lutte contre les forces obscures qui  ternissent la lumière qui nous habite : " Il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient " ( Mc 1, 13 ). De cette façon nous est annoncée, en Christ, l'harmonie retrouvée entre les éléments et les caractéristiques -  si conflituels et opposés - de notre humanité, afin que le désert refleurisse comme un jardin où est à nouveau possible la rencontre sereine entre le Créateur et ses créatures. Comme l'explique B.Standaert : " les bêtes sauvages ne l'ont pas dévoré, les anges sont à son service. Ce qui est le plus haut et le plus bas en l'homme, le surhumain et la deshumanisation se retrouvent ensemble et rendent hommage au nouvel Adam ". Nous avons devant nous un long temps pour accueillir l'invitation du Seigneur qui s'adresse aussi à nos " âmes prisonnières " ( 1 P 3, 19 ) par ces paroles accueillies il y a quelques jours lors des cendres répandues sur nos fronts : " Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle " ( Mc 1, 15 ).