Aujourd'hui, la parole

I Dimanche de Carême
Saturday, 20 February 2021
( Gn 9, 8-15 / Ps 24 / 1 P 18-22/ Mc 1, 12-15 )   Les paroles priantes du psalmiste sont une bonne introduction à ce temps propice à la prière et à la conversion : " Souviens-toi, Seigneur, de ta...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

( Jb 7, 1-4.6-7/ Ps 146 / 1 Co 9, 16-19. 22-23 / Mc 1, 29-39 )

 

          Nous pouvons vraiment confier à l'apôtre des peuples, la tâche de nous introduire dans la compréhension de la parole que le Seigneur nous adresse à travers son évangile du salut. Sans aucun embarras, l'apôtre déclare la " nécessité qui s'impose " ( 1 Co 9, 16 ) à sa vie de prêcher l'Evangile, alors même qu'il se montre serein dans son propre agir en se faisant " faible avec les faibles, pour gagner les faibles " ( 9, 22 ). Sur la même longueur d'onde que Paul, nous pouvons aussi accueillir la parole de Job qui ne fait aucun mystère de son " dur service " ( Jb 7, 1 ) d'être un homme. Job n'hésite pas à l'esquisser de façon claire et nette : " J'ai passé des mois d'illusion et des nuits troubles m'ont été assignées " ( 7, 3 ). Paul et Job nous permettent de mieux comprendre la façon dont le Seigneur Jésus vit sa première journée de ministère qui peut être comparable à chaque travail pastoral, comme aussi à chaque partage humain. La guérison de ceux qui approchent le Seigneur Jésus engendre la disponibilité à entrer dans le dynamisme de l'Evangile qui se fait toujours plus ample. Ainsi notre propre coeur blessé s'ouvre pour compatir et emporter l'angoisse de nos compagnons de voyage. Notre douleur même, notre faiblesse deviennent ainsi le lieu privilégié pour faire l'expérience de la présence de Dieu dans notre vie. Ce qui ouvre le coeur à la confiance et à l'espérance est la conscience que dans le Seigneur il n'y a aucune répugnance pour ce dont nous souffrons. Au contraire, une très douce compassion de miséricorde. Jésus est " venu" au monde justement pour libérer dans le coeur de l'homme une image plus vraie de Dieu et de soi-même face à Dieu.

          Pour le Seigneur Jésus, annoncer l'évangile signifie s'intéresser directement aux situations réelles de fragilité où se trouvent les personnes qui rencontrent et croisent son chemin. Le premier pas de cette attention est une écoute généreuse et prompte : " tout de suite, ils lui parlèrent d'elle " ( Mc 1, 30 ). Immédiatement, le Seigneur se fait proche de la belle-mère de Simon " et la fit se lever en la prenant par la main ". Cet empressement du Seigneur est le fruit de cette prise de conscience profondément assumée dans l'expérience du désert qui l'a rendu capable de se faire " faible " avec nous et pour nous afin de soigner les " diverses maladies " ( 1, 34 ) qui attristent notre existence. Ainsi, la faiblesse peut être le lieu où se manifeste une force nouvelle et inimaginable, mais elle peut aussi être la tombe de toute espérance de vie. Le Seigneur vient soulever en nous notre humanité affaiblie et nous communique la force qui l'a atteint " tôt le matin" ( 1, 35 ) quand il se concentra  sur le mystère de son intime relation avec le Père. Nous pouvons apprendre à ne pas avoir honte de notre être faible et malade, mais, avant tout, nous pouvons découvrir la route de la force et de la guérison. Pour guérir, il faut savoir se retirer dans un coin " désert" de notre coeur pour atteindre dans la prière la lumière et l'énergie dont nous avons besoin.

          La parole de Job devient toujours moins absolue : " mes jours se déroulent plus vite qu'une navette, et s'évanouissent sans un fil d'espérance " ( Job 7, 6 ). En réalité, si le temps qui nous est confié commence à se dérouler toujours moins sur nous-mêmes et toujours d'avantage autour de la présence du Seigneur Jésus, il ne fera que filer toujours plus l'espérance qui naît du désir de devenir comme le Christ et ses apôtres " serviteur de tous " et ceci " tout en étant libre de tous " ( 1 Co 9, 19 ). Dans la force de l'Evangile, notre existence " faible " peut non seulement devenir le point de force de notre vie, mais peut donner à notre existence une joie que seul le partage existentiel peut donner. Les paroles de Paul résonnent d'une façon véhémente et représentent un manifeste et en même temps une protestation. En peu de mots, nous sommes mis face aux conséquences et au prix d'une fidélité à l'Evangile. Ceci ne peut jamais être une " vantardise" si ce n'est dans la mesure de la disponibilité à porter jusqu'à en souffrir dans son propre corps, le risque de l'Evangile.