Aujourd'hui, la parole

I Dimanche de Carême
Saturday, 20 February 2021
( Gn 9, 8-15 / Ps 24 / 1 P 18-22/ Mc 1, 12-15 )   Les paroles priantes du psalmiste sont une bonne introduction à ce temps propice à la prière et à la conversion : " Souviens-toi, Seigneur, de ta...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

 ( Dt 18, 15-20/ Ps 94 / 1 Co 7, 32-35 / Mc 1, 21- 28 )

 

          La parole de l'apôtre Paul peut nous aider à entrer dans la compréhension du premier signe que le Seigneur Jésus accomplit dans l'évangile selon Marc. Presque pour s'excuser d'avoir un peu exagéré dans sa façon exigeante de présenter l'évangile du Christ, l'apôtre écrit aux Chrétiens de Corinthe : " Je vous dis ceci pour votre bien, non pour vous tendre un piège, mais pour que vous vous comportiez dignement et restiez fidèles au Seigneur, sans dévier ! " ( 1 Co 7, 35 ) A la lecture de l'évangile de ce dimanche, ce n'est certainement pas cette sensation que  " l'esprit impur" a ressentie ( Mc 1, 23 ), car il se mit à crier de manière forte et claire : " Tu es venu nous détruire " ( 1, 27 ). En ce dimanche, la liturgie nous demande de regarder avec attention au plus profond de notre coeur afin de savoir discerner toutes les " déviations" ( 1 Co 7, 35 ) que nous hébergeons en nous. Elles représentent un véritable " piège" qui nous empêche d'être nous-mêmes et, surtout, qui ne nous permet pas de donner tout l'espace nécessaire à l'écoute qui crée cette relation à Dieu capable de donner plénitude à notre existence. Encore une fois, le livre du Deutéronome insiste avec son exhortation sincère : " Si quelqu'un n'écoute pas les paroles que l'on dit en mon nom, je luis demanderai des comptes ( Dt 18, 19 ). Le psaume explicite ultérieurement l'invitation de la Torah : " Ne durcissez pas votre coeur " ( Ps 94, 8 ).

          Nous ne pouvons ignorer cette tension toujours aux aguêts dans notre vie : la continuelle possibilité que notre coeur s'endurcisse, justement pour se défendre du joug suave de la liberté. L'adversaire de nos âmes, toujours et de toutes les manières possibles, cherche à confondre notre discernement en faisant apparaître comme un " piège" ce qui, en réalité, est un lien qui libère notre capacité d'être en relation et donc d'être une personne. Le diable cherche toujours à nous convaincre que " le piège" de l'attachement, aveugle à nos yeux, est une façon d'être libres. Ce jeu malin continuel et toujours possible, le Seigneur nous en guérit en créant en nous une atmosphère nouvelle capable d'entrevoir et de préparer des temps nouveaux par un renouveau personnel. La force thérapeutique de la parole faisant autorité du Seigneur Jésus réside justement dans sa capacité à faire des choses nouvelles. Rien de nouveau ne serait donc possible dans notre vie et celle des autres, sans cette disponibilité à laisser briser nos plans et nos habitudes par la force libératrice de l'Evangile. Par sa parole plus forte que toute tentation et possession, le Seigneur fait taire le mal qui peut nous habiter, en le démasquant. C'est seulement ainsi qu'il est possible de faire renaître en nous cette liberté authentique qui permet à notre humanité véritable de refleurir. Le démon et la foule reconnaissant au ton de la voix du Seigneur une " autorité " inédite capable de rallumer l'espérance et de nous libérer de chacun de nos mal- êtres.

          Le Seigneur Jésus, face à chacune de nos agitations, réagit en instaurant une aube nouvelle de création, qui peut trouver son origine seulement dans le silence créatif de l'amour. Pour cela, il s'impose par un solennel " Tais-toi !" ( Mc 1, 25 ) Dans l'une de ses méditations, Jean LEBOT nous aide à affiner notre écoute : " Le silence m'a dit : retrouve en moi l'aurore fatiguée et hallucinante du feu des tumultes. Le silence m'a dit : apprends la déchirure où le monde intérieur s'abreuve à la vraie source ". C'est vraiment ce silence régénérant qu'il nous sera donné de reconnaître en Jésus Seigneur, plus qu'un " prophète " ( Dt 18, 19 ). Nous sommes appelés à devenir résonnance/de gloire de son salut au milieu de nos frères et soeurs qui ont besoin de guérison et non de " piège" ( 1 Co 7, 35 ). Dans la présence rénovée du Seigneur Jésus, nous sommes portés à l'accomplissement ô combien promis et espéré par Moïse : " un prophète semblable à moi". Le peuple sera capable de reconnaître l'accomplissement de la promesse messianique et, en même temps, ce texte servira de base pour la condamnation du Seigneur. La parole de Dieu est à écouter avec un coeur pur et une réelle disponibilité à se laisser déranger et non pas simplement approuver.