Aujourd'hui, la parole

I Dimanche de Carême
Saturday, 20 February 2021
( Gn 9, 8-15 / Ps 24 / 1 P 18-22/ Mc 1, 12-15 )   Les paroles priantes du psalmiste sont une bonne introduction à ce temps propice à la prière et à la conversion : " Souviens-toi, Seigneur, de ta...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )

 

          La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera posée, devant le tombeau vide, à Marie Madeleine, appelée à être la première à témoigner de la résurrection et à devenir l'apôtre des apôtres. La question en tant qu'appel reçu et honoré ouvre et re-ouvre continuellement l'aventure de la suite qui est toujours une recherche exigeante et difficile. Il ne nous reste plus qu'à nous dépasser et nous laisser transformer intérieurement par le " regard" de Jésus qui se pose sur nous comme il se fixe sur le frère Simon, transformant son destin avant de lui changer son nom. Un long chemin nous attend avant de lire notre histoire humaine comme une " Bonne Nouvelle" que nous sommes appelés à traduire avec humilité et sagesse, en vie vécue comme une annonce pour les autres.

          La réponse que le petit Samuel, avec l'aide du prêtre Eli, arrive à donner au Seigneur, alors qu'il est appelé dans la nuit, peut devenir notre réaction la plus vraie et adéquate quand nous ne comprenons pas qui nous interpelle et à quoi nous sommes appelés dans notre vie : " Parle, ton serviteur t'écoute " ( 1 Sam 3, 18 ). Ce texte, si connu et tant utilisé dans la pastorale des vocations, ne s'adresse pas simplement aux prophètes et aux apôtres, mais à chaque homme et femme en recherche sincère et honnête pour se mettre en route. Réveillés par une parole qui appelle notre être profond endormi et privé de conscience, nous mûrissons ainsi dans la certitude d'avoir quelqu'un qui nous guide avec une tendresse rigoureuse vers une vie authentique. C'est seulement ainsi que se rend possible la rencontre avec Dieu, comme vérité de notre vie. L'expérience nocturne du jeune Samuel illumine l'expérience de ce moment inoubliable dont les premiers disciples conservent une mémoire vive jusqu'à se souvenir de l'heure exacte. Samuel se souviendra toute sa vie, un sourire aux lèvres, de ses premières tentatives maladroites, pour comprendre et accueillir son destin humain et sa vocation prophétique. Nous sommes tous inexpérimentés, comme Samuel, mais nous sommes tous appelés à nous laisser réveiller et déranger.

          La question que le Seigneur Jésus pose à ses premiers disciples qui se mettent à le suivre sans y être invités, mais parce qu'ils sont envoyés par leur maître - Jean Baptiste - est la même qui est posée à chacun de nous : " Que cherchez-vous ?" ( Jn 1, 38 ) Par cette question posée sur les lèvres gravement souriantes du " Rabbi - qui, traduit, signifie Maître  - " s'ouvre chaque aventure de disciple. Il s'agit de suivre jusqu'à partager le même chemin que le Seigneur dans son mystère pascal. Il est nécessaire de passer par la croix pour aller au-delà du " que " et arriver ainsi au " qui  chercher" ( Jn 20, 15 ). Dans l'évangile de ce dimanche l'évangéliste a besoin de traduire trois fois ( 1, 38. 41. 42 ). C'est certainement une délicatesse pour ceux qui ne connaissent pas la langue hébraïque, mais c'est aussi et surtout une façon de nous dire plus légèrement que le chemin de la suite exige une écoute, non mécanique, mains intelligente. Nous sommes appelés à devenir capables de traduire, interpréter et transmettre le sens profond de ce qui arrive entre nous et Dieu.

          Pour chacun se renouvelle le défi auquel répond le jeune Samuel dont les Ecritures nous disent qu'il " crut  et le Seigneur fut avec lui, sans laisser perdre une seule de ses paroles " ( 1 Sam 3, 18 ). Le texte utilisé depuis peu de temps dans la liturgie et que nous connaissons par coeur, traduisait par " ayant acquis autorité" et maintenant nous avons " il crut". Ce cette façon, nous retrouvons le sens de l'autorité : "augere - faire grandir - en latin ", sens prophétique et apostolique qui est toujours le futur arrivé à maturité du secret évangélique : " ils virent où Il demeurait, et ce jour-là, ils restèrent avec Lui " ( Jn 1, 39 ). Nous faisons l'expérience de ce mystère de croissance dans notre corps que l'apôtre Paul nous demande d'accueillir et de protéger comme le vase précieux de notre relation avec Dieu : celui-ci est " pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps " ( 1 Cor 6, 13 ).