Aujourd'hui, la parole

II Dimanche du T.O.
Saturday, 16 January 2021
( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )             La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

( Nb 6, 22- 27 / Ps 66 / Gal 4, 4-7 / Lc 2, 16 - 21 )

 

           Dans l'octave de la fête de la Naissance du Seigneur, la parole de Paul résonne, comme pour raviver la contemplation du mystère de l'Incarnation : " Frères, quand arriva la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme " ( Gal 4, 4 ). La Mère de Dieu - Marie de Nazareth - a accompagné de façon singulière tout notre chemin de l'Avent et ne fait qu'un avec " Joseph et l'enfant " ( Lc 2, 16 ). Dans la scène qui se présente aux bergers, il n'est donc pas facile de s'habituer en profondeur, à cette idée : Dieu né d'une femme ! Les premiers siècles de la vie de l'Eglise furent traversés par beaucoup de tourments, justement à cause de ce lien indéfectible entre la Mère et le Fils de Dieu. Il n'était certes pas facile de métaboliser dans la culture héléniste qu'une femme soit " vraiment Mère de Dieu" comme on le chante continuellement dans la liturgie bizantine. Pour les Anciens, se risquer à dire ce mystère demandait une grande difficulté intellectuelle. Pour nous, soutenus par des siècles de réflexion théologique, le défi est forcément plus existentiel pour arriver à faire émerger en nous le mystère de la divine maternité de Marie donnant le fruit attendu et espéré depuis toujours " pour racheter ceux qui étaient sous la Loi afin qu'ils soient adoptés comme fils " ( Gal 4, 5 ). Contempler Marie, en tant que Mère de Dieu, signifie entrer à notre tour en nous-mêmes, pour imiter la partie la plus humano-divine de cette femme comme nous. En Marie, resplendit ce modèle d'humanité possible et hautement désirable résumé dans un premier plan par l'évangéliste Luc : " Marie, de son côté, gardait toutes ces choses en les méditant dans son coeur" ( Lc 2, 19 ). Parmi les choses que la Mère de Dieu médite en son coeur, il y a sans doute l'expérience de bénédiction qui est de pouvoir regarder de si près " son visage " ( Nb 6, 25 ). La bénédiction réservée aux prêtres, qui invoquent la divine protection par ces paroles : " que le Seigneur fasse resplendir pour toi Son visage et te comble de grâces" ( 6, 24 ), bénédiction désormais offerte à tous par une femme, Marie, Mère du Seigneur, qui nous offre d'accueillir la bienveillance divine d'un enfant " emmailloté dans une mangeoire " ( Lc 2, 16 ). Cet enfant ne peut pas seulement être " vu" ( 2, 17 ), mais aussi touché et embrassé. Tout ceci change le cours de l'Histoire en la faisant repartir des femmes et des enfants....des plus pauvres et des plus petits. Séjourner Truth s'interrogeait ainsi en luttant pour les droits des femmes : " Ce petit homme en noir là-bas, dit qu'une femme ne peut avoir les mêmes droits qu'un homme car le Christ n'était pas une femme. Mais d'où est venu notre Christ ? " La solennité avec laquelle nous commençons l'année nouvelle nous oblige à ne pas oublier de repartir du bon pied. Nous devons toujours repartir de ce que nous ne pouvons apprendre tout seul, comme un " enfant ", mais qui demande d'être accueilli avec amour. Nous sommes appelés à nous émerveiller à nouveau du prodige de chaque maternité qui s'accomplira dans chaque homme et femme qui prend soin des plus fragiles et des plus faibles.