Aujourd'hui, la parole

II Dimanche du T.O.
Saturday, 16 January 2021
( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )             La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera...

Dernières nouvelles

Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

LA SAINTE FAMILLE

(Gn 15, 1-6. 21- 3 / Ps 104 / He 11 passim / Lc 2, 22 -10 )

 

          Le pape Paul VI, se rendant en Terre Sainte, fit un discours particulièrement touchant à Nazareth qui est resté mémorable : " Nazareth est l'école où nous commençons à comprendre la vie de Jésus, l'école de l'Evangile. Ici, nous apprenons à observer, écouter, méditer, pénétrer la signification si profonde et si mystérieuse de cette manifestation du Fils de Dieu, si simple, humble et belle. Nous apprenons, sans doute aussi, presque sans nous en rendre compte, à l'imiter "1. Célébrer et contempler le mystère de la famille où le Seigneur Jésus est né et a grandi, peut faire naître d'inutiles romances si cela ne se fonde pas sur les dates , strictes par certains aspects, de la Parole de Dieu et de la Liturgie.

          La première lecture avec le souvenir de la naissance difficile d'Isaac, nous aide à ne pas perdre de vue quel élément du mystère et d'impondérable qui accompagne toute vie et signe inéluctablement chaque service, est celui dont est appelé chaque famille. A l'anxiété d'avoir un fils et au besoin d'adoucir la vie de Sarah, marquée par la stérilité, la réponse du Seigneur Dieu à Abraham exige une capacité à regarder vers le haut et de manière plus ample : " Regarde le ciel et compte les étoiles, si tu réussis à les compter..." ( Gn 15, 5 ). Le Seigneur, sans doute nous conduirait aujourd'hui aussi au dehors devant le spectacle poignant d'un ciel étoilé et c'est là qu'Il réussirait à placer nos angoisses et nos peurs face à tant de crises intitutionnelles et intimes pour nous faire recommencer à rêver et à espérer. Le psalmiste nous confirme dans cette nécessité de surmonter la peur et la crainte : " Souvenez-vous des merveilles qu'il a accomplies " ( Ps 104 , 5 ). La Lettre aux Hébreux souligne la disponibilité d'Abraham à se laisser interpeler et changer par le commentaire suivant : " Il obéit en partant pour un lieu qu'il devait recevoir en héritage et il partit sans savoir où il allait " ( He 11, 8 ).

          Ce verset de la lecture aux Hébreux pourrait devenir une lumière et un guide pour relire le texte de l'Evangile qui nous présente Marie et Joseph qui se rendent au Temple pour présenter " l'enfant comme il est écrit dans la loi du Seigneur " ( Lc 2, 22 - 23 ). Et l'on pourrait dire en marge : " sans savoir où ils finiraient ! "  Le vieux Siméon rappelera  à Marie, toute à la joie et à la satisfaction de son geste,  alors  qu'avec par Joseph son bien aimé, elle porte son enfant dans les bras, qu'il faudra l'accompagner longtemps....jusqu'à la fin : " même si , toi aussi, un glaive te traversera le coeur " ( 2, 35 ). Ce " toi aussi " ne nous échappe pas, il semble évoquer l'expérience acquise par le changement de vie et de foi : il semble presque dire qu'il ne peut en être autrement.

          Dans la joyeuse contemplation de la famille de Nazareth, nous sommes invités à nous mettre à son école qui n'est pas un modèle pré-conçu à répéter, mais bien une école de fidélité à l'autre qui nous rend disponible à rester à ses côtés, toujours et partout. C'est cela qui fait d'une famille une petite réalité évangélique qui peut permettre par un regard forgé par la contemplation du Christ Seigneur, de reconnaître dans chaque réalité évangélique une authentique famille.

 

1. Paul VI, Homélie à Nazareth du 5 janvier 1964