Aujourd'hui, la parole

II Dimanche du T.O.
Saturday, 16 January 2021
( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )             La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

NATIVITE  DU SEIGNEUR

( Lc 2//Is 52; 7-10 / Ps 97 / Heb 1, 1-6 / Jn 1, 1-18 )

 

          Nous sommes toujours profondément touchés par l'annonce des anges qui s'adressent aux bergers et les remettent en route vers une " mangeoire " ( Lc 2, 7 ). Les anges sont particulièrement gentils avec ces pauvres qui sans douet sont même étrangers à ce grand mouvement dû au " recencement de toute la terre " ( 2, 1 ) et ils leur donnent comme signe, rien qui ne sort de leur ordinaire, mais qui leur est profondément connu et familier, comme peut l'être une étable. A la Messe de l'Aurore, nos yeux s'ouvrent, plus qu'étonnés, sur cette recherche des bergers qui est exactement ce que les anges leur avaient annoncé, mais ils retrouvent d'avantage encore l'accomplissement de leurs espérances et la dilatation de leur désir là où ils peuvent le comprendre et plus  facilement le reconnaître et l'aimer : " Ils partirent sans hésitation et trouvèrent Marie et Joseph et l'enfant couché dans la mangeoire " ( Lc 2, 16 ).

          N'oublions pas de nous attarder aussi sur ce qui est arrivé entretemps à Joseph qui se retrouve avec un enfant dans les bras - oui, un enfant, vraiment ! - qui couronne son désir d'être père  avec une joie plus grande encore à cause du doute terrible qui a secoué son coeur. Alors que les bergers se retrouvent à Béthléem, les mages voient sans doute  déjà surgir cette " étoile " ( Mt 2, 1 ) qui deviendra leur guide durant le long voyage vers Béthléem. Pour eux aussi, le " signe " ( Lc 2, 12 ) ne peut que correspondre à leur sensibilité et ne peut que se révéler par l'éclat envoûtant d'une étoile qui les fascine et les met en marche. Et, pourtant, les bergers et les mages devront aller au-delà du signe de la mangeoire et de l'étoile  et se laisser étonner par un enfant.

          En célébrant le mystère de la Nativité, nous sommes appelés, nous aussi, à nous laisser interroger par un signe qui nous emmène jusqu'à l'enfant qui nous conduira par sa parole et ses gestes bien plus loin que nous, vers les sentiers du Règne de Dieu qui vient au milieu de nous. Quel est le signe qui nous est proche pour presser nos pas vers une reconnaissance plus profonde et un accueil encore plus généreux de la semence d'une présence divine capable d'humaniser et de dynamiser ? Si pour les bergers ce fut une mangeoire, si pour un homme amoureux et désireux de créer une famille, c'est un enfant, si pour les mages c'est une étoile....quoi donc, pour nous sera un signe qui nous fera signe ? En arrière plan du récit de Luc, un nom comme " César Auguste " ( Lc 2, 1 ), souverain installé tout comme Hérode, est évoqué dramatiquement par Mathieu. Pour eux, un " roi " ( Mt 2, 1 ) aurait été un signe bien plus juste et reconnaissable.....et pourtant !

          Cherchons avec amour et vérité à nous laisser interroger à nouveau par la Nativité du Seigneur pour rassembler en nous ce que nous sommes et apprendre à discerner dans les replis les plus simples mais aussi les plus personnels de notre vie, le signe qui indique la route pour renouveler notre rencontre avec le " Sauveur qui est le Christ Seigneur " ( Lc 2, 11 ). Maintenant le Très-Haut s'est laissé déposer dans les langes de notre nature et s'est fait proche de notre terre pour devenir désormais le Prochain, et l'enfant couché sur la paille nous donne la joie de ne plus jamais avoir honte de rien, ni de personne, sans crainte de Dieu lui-même qui, pour nous, s'est fait si petit, si fragile, si vulnérable....l'un des nôtres.