Aujourd'hui, la parole

II Dimanche du T.O.
Saturday, 16 January 2021
( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )             La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

III DIMANCHE DE L' AVENT 

( Is 61, 1 - 2 / Ps : Lc 46 - 54 / 1 Th 5, 16 - 24 / Jn 1, 6 - 8. 19 - 28 )

 

          Le prophète nous invite à nous réjouir d'une façon assez particulière : " comme un époux qui met son diadème et comme une épouse qui se pare de bijoux " ( Is 61, 10 ). L'apôtre semble en rajouter encore une dose quand il exhorte, enthousiaste : " soyez toujours joyeux, priez sans cesse et rendez grâce pour toute chose " 1 ( Th 5, 16 - 17 ). Mais, c'est Jean Baptiste qui , pour nous, se fait la référence d'une joie imprévisible et, en même temps, inviolable : " Au milieu de vous se trouve quelqu'un que vous ne connaissez pas, celui qui vient après moi : je ne suis pas digne de dénouer le lacet de ses sandales " ( Jn 1, 26 - 27 ). Grégoire le Grand nous aide à comprendre ce texte et nous explique comment " traditionnellement, chez les Anciens, si quelqu'un refusait d'épouser une jeune fille qui lui était promise, l'on enlevait la sandale à celui qui était désigné comme époux. Le Christ ne s'est-il pas manifesté comme l'Epoux de la sainte Eglise ?...Mais, puisque les gens penseaient que Jean était le Christ - ce que Jean nie - il se déclare indigne de dénouer le lacet de sa sandale. C'est comme s'il disait clairement....: " Je ne m'attribue pas, à tort, le nom d'époux " ( cfr Jn 3, 29 ) " ( 1 ).

          Et pourtant, Jean Baptiste est un homme particulièrement heureux, car, bien que reconnu et vénéré, à la fin de son ministère, il se révèle capable de faire de la place à Jésus sans souffrir du fait de lui donner toute la place. L'évangéliste Jean nous rapporte une précision particulière : " Ceci arriva à Béthanie, au-delà du Jourdain où Jean baptisait " ( Jn 1, 28 ). Le quatrième évangile concrétise le témoignage du Baptiste qui fait un pas en arrière " pour rendre témoignage à la lumière " ( 1, 7 ) justement dans le lieu homonyme de Béthanie où Jésus se retirera chaque fois où il aura besoin de calme et d'amitié. Quand nous pensons à Béthanie, il nous vient tout naturellement à l'idée d'imaginer Jésus avec ses amis - Lazare, Marthe et Marie - alors que lorsque nous pensons à Béthléem - surtout en ces jours à l'approche de Noël - nous imaginons l'enfant Jésus caressé par le regard d'adoration de Joseph et Marie. Jérusalem est à deux pas aussi bien de Béthléem que de Béthanie de Lazare, mais bien plus distant de Béthanie où Jean baptisait et qui est le point le plus bas de la terre où le Jourdain semble disparaître en se dépêchant de se jeter dans la Mer Morte.

          La parole et l'exemple du Baptiste nous aide à rendre plus décidé notre pas vers la compréhension de l'accueil du mystère de l'Incarnation, en nous révélant que le secret d'une vraie joie durable réside dans la capacité de créer un espace pour l'autre, sans avoir peur de perdre sa place et son prestige..., sans avoir peur de descendre jusqu'à disparaître. Il s'agit d'assumer les attachements de l'époux et de l'épouse, la largesse d'âme de l'amité qui n'imagine aucun autre bonheur que celui qui se trouve dans la joie de donner de la joie à l'autre. Augustin dirait : dans la capacité de voler à l'autre sa joie pour la faire devenir entièrement notre bonheur ! N'est-ce pas cela que nous cherchons à nous dire en commençant à immaginer le bon cadeau pour chacun ? N'est pas cela qui nous est dit de la part des personnes qui nous aiment alors que nous ouvrons leur cadeau et que pour, pour un instant, nous nous sentons immensément aimés ? Pouvons-nous imaginer  joie plus grande de sentir et de vivre plus " pleinement " ( Is 61, 10 ) ? Tant de questions pour faire mûrir la réponse  d'une conversion adaptée au moment présent avec ses défis et ses exigences.

 

1. Grégoire le Grand, Homélie sur les Evangiles, VII