Aujourd'hui, la parole

II Dimanche du T.O.
Saturday, 16 January 2021
( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )             La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

IMMACULEE CONCEPTION

( Gn 3, 9 - 15 - 20 / Ps 92 / Eph 1, 3 - 6. 11 - 12 / Lc 1, 2 - 38 )

 

          Nous ne pouvons cacher la joie, mais aussi un certain embarras en célébrant le mystère d'une absolue préservation, non seulement de la contagion, mais aussi du moindre contact avec le mal, don fait à Marie. Un don reçu de la part de Dieu de façon absolument gratuite, mais aussi d'une manière si unique jusqu'à nous faire ressentir cette femme un peu loin de notre combat quotidien. Dans l'histoire de la compréhension du mystère du Christ,  s'ajoute aussi le parcours et la mission de Marie, et il n'est pas toujours facile et simple d'en tracer les contours et les limites de l'interprétation. En réalité, le choix des textes bibliques pour illustrer et nous faire entrer dans cette solennité, nous aident à comprendre comment notre vie se joue totalement dans une sorte de drame, commun à tous : le drame de la liberté ! Ce drame navigue continuellement entre bénédiction et bénédiction et la " malédiction" n'est, en fait, qu'une façon pour Dieu d'ouvrir et de réouvrir continuellement la route à la bénédiction. Paul le dit avec force : " Béni soit Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui , par chaque bénédiction spirituelle nous a bénis, aux cieux ,en Christ " et il ajoute : " en Lui, il nous a choisis avant la création du monde pour être saints et immaculés dans la charité, face à Lui " ( Eph 1, 4 ).

          Ce que nous contemplons aujourd'hui en Marie est ce qui appartient à tous, mais  n'est pas en tous ! En plus, la parole du Père nous aide à comprendre que la grandeur de Marie n'est pas dans sa " pureté ", mais dans sa " charité ", capable , non seulement de " couvrir une multitude de péchés " ( 1 P 4, 8 ), mais de nous restituer notre innocence, inviolée, en faisant l'expérience de l'amour ( Gn 3, 20 ). La première lecture se conclut par un gros plan sur la femme orignelle qui " fut la mère de tous les vivants " ( Gn 3, 20 ). L'Evangile nous montre une femme capable de retourner à ses racines dans une disponibilité capable de recréer même les débuts de notre Histoire troublée : " Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta Parole " . L'évangéliste annote magnifiquement que " l'ange s'éloigna d'elle " ( Lc 1, 38 ). Désormais, l'humanité peut marcher seule et n'a plus besoin d'un ange, gardien du Paradis, une épée à la main ( Gn 3, 24 ). Tout peut recommencer et ceci justement parce qu'un seul " oui" est capable de vaincre une multitude innonbrable de " non " .

          L'évangéliste Luc ne nous dit rien, absolument rien, sur les raisons du choix de Marie comme mère du Messie attendu depuis si longtemps ! Malgré toutes les traditions qui ont fleuri autours des vertus de Marie qui la rendent " digne " d'être choisie comme mère du Seigneur, l'évangile ne nous révèle rien de spécial, ni d'exceptionnel sinon le fait qu'elle était " promise en mariage " ( Lc 1, 26 ). Marie apparaît sur la scène de l'Histoire comme une jeune fille qui a sa propre vie et un  projet. Et, c'est sans doute là sa grandeur, dans le fait que cette femme se laisse déranger par l'amour, jusquà se laisser entièrement transformer par l'amour. Quand l'amour fait irruption dans la vie et est accueilli totalement, même l'origine éloignée de la vie change de sens, comme dans une équation : tout reste pareil, mais tout est différent. Vraiment  " rien n'est impossible à Dieu" ( 1, 37 ) si nous nous laissons déranger par son amour.