Aujourd'hui, la parole

II Dimanche du T.O.
Saturday, 16 January 2021
( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )             La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera...

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Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

II Dimanche De l'Avent

( Is 40, 1 - 5. 9 - 11 / Ps 84 / 2 P 3, 8 - 14 / Mc 1, 1- 8 )

 

          La dernière image de la premmière lecture de ce dimanche peut être considérée comme le fond sur lequel l'on cherchera d'accueilir et de laisser s'enraciner en nous " l'évangile de Jésus- Christ ", Verbe fait chair. Dieu fait homme, l'Eternel fait temps " comme un pasteur, il fait paître son troupeau et le rassemble dans ses bras, il porte les agneaux sur son sein et conduit doucement les brebis mères " ( Is 40, 11 ). Toujours, lorsque l'on s'approche des fêtes de Noël, se réveille en nous un beoin de douceur, mais aussi le désir de vivre plus doucement. La Parole de Dieu confirme ce besoin et ce désir de douceur en endiguant toute tendance à céder aux façons douceureuses de superficielles et inutiles envies de bien faire.

          La Parole de Pierre nous rappelle qu'il y a " Une chose que vous ne devez  pas perdre de vue, mes très chers, devant le Seigneur, un seul jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour " ( 2 P 3, 8 ). Ce rappel ne cherche pas à semer la panique, mais à capter l'attention ! En effet, pour les Anciens, le genre littéraire de l'eschatologie est une manière, non de faire peur, mais, au contraire, de réveiller et de rendre plus attentif aux exigences d'une vie toujours plus capable d'être conforme au coeur de Dieu. Ainsi, même le dernier des prophètes qui aplanit la route à la venue du Messie se présente avec une douceur pleine d'exigence et le fait en incarnant dans l'intégrité de sa personne les urgences de la conversion " Jean était vêtu de poils de chameau avec une ceinture en peau autour des reins et mangeait des sauterelles et du miel sauvage " ( Mc 1, 6 ).

          L'évangéliste Marc ne nous transmet aucune histoire d'annonciation, ni de nativité, il choisit plutôt la figure du Baptiste comme celui qui prépare la route du Seigneur et le met au monde presque comme une mère.  A travers cette figure prophético-maternelle, il est demandé à notre monde de se rendre sensible à la présence du Christ qui vient et d'ouvrir le coeur pour l'accueillir. Le processus d'accueil qui commence par se rendre sensible à une présence qui exige la conversion pour accueillir pleinement la consolation, devient dénonciation de toute fermeture au plan de Dieu pour ouvrir les coeurs et les esprits à l'annonce de sa présence au milieu de nous, comme l'un de nous. L' Avent n'est pas une simple préparation pour fêter " l'anniversaire de Jésus ", mais, il veut être une invitation à prendre conscience de nos déserts d'où nous avons chassé la douceur de cette relation avec Dieu et nos frères qui était la joie et la plénitude du Paradis.

          L' Avent, par la parole et l'exemple du Baptiste cherche à mettre un peu de confusion dans nos habitudes. Acceptons que la figure de ce prophète - doux et humble - ouvre nos yeux et nos coeurs à queque chose - en réalité à Quelqu'un - qui " vient après moi" ( 1, 7 ) dans la mesure où j'accepte de lui faire de la place jusqu'à concevoir et aimer qu'Il vienne " avant moi". L'Avent nous reporte et nous rappelle " doucement " ce qu'est le " début de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu "et il nous indique avec exigence que notre vie- même - faite de choix et de prises de conscience - doit être ce début de l'Avènement du Règne de Dieu dans l'Histoire de l'humanité.

          Le désert est le lieu où chaque route ne peut être qu'une piste à refaire continuellement et que seuls les guides expérimentés connaissent et sont capables de repérer, là où personne ne la verrait, comme un paysage à travers un glacier couvert de neige fraîche : il faut du flair et de la sagesse acquis par de longues expériences. Ouvrir une piste signifie créer une possibilité de déplacement pour pouvoir bouger et rejoindre ainsi son but. Jean est cet ouvreur de piste qui se met de côté pour donner tout l'espace à Jésus vers qui il nous conduit , sans pour autant s'identifier dans le rôle d'accomplissement des promesses.