Aujourd'hui, la parole

II Dimanche du T.O.
Saturday, 16 January 2021
( 1 Sam 3, 3-10.19 / Ps 39 / 1 Cor 6, passim / Jn 1, 35- 42 )             La première parole prononcée par Jésus dans le quatrième évangile est une question : " Que cherchez-vous ? " La même question sera...

Dernières nouvelles

Monastère benedictine Koinonia de La Visitation.                                                                                                 Noel 2020 Rhêmes-Notre-Dame (Ao)       Comme Marie nous voulons faire grandir en nous cette Esperance que nous désirons partager avec tous les frères et sœurs...

I Dimanche de l'Avent

( Is 63 - 64 passim / Ps 79 / 1 Co 1, 3 - 9 / Mc 13, 33 - 37 )

 

          Le prophète Isaïe qui deviendra une présence particulièrement  chérie dans notre vie tout au long de ce nouveau temps de l'avent, donne le ton à notre attente et d'une certaine façon, nous en révèle l'essentiel : " Toi, Seigneur, tu es notre père et depuis toujours tu t'appelles notre rédempteur " ( Is 63, 16 ). Lisons calmement la première lecture de ce dimanche qui nous introduit dans une nouvelle année liturgique, et, découvrons, non sans un certain étonnement presque émouvant, que - pour bien sept fois - le pronom personnel " tu" est cité, jusqu'à dire comme un acte de consentement et de confiance absolue : " nous sommes l'argile et toi, celui qui nous modèles " ( 64, 7 ). Au coeur de la prophétie d'Isaïe résonne une expression capable de contenir tout le mystère de l'Incarnation auquel l'Avent prépare notre coeur de diciples : " tu descendis" ( 64, 2 ). Ce que nous sommes invités à goûter, encore une fois pendant les jours brefs, mais si intenses, de ce temps liturgiques, c'est justement l'immense merveille devant le mystère d'un Dieu qui n'a pas peur de descendre jusqu'à se mettre à notre niveau. Un amour si grand qui se fait, non seulement reconnaître comme " Père ", mais à qui - avec une infinie liberté et dans la plus douce intimité - nous pouvons dire : " tu " !

          En nous laissant conquérir ou enseigner par les paroles du prophète, nous pourrions dire que le mystère de Noël est exactement ce grand don de pouvoir sentir la présence de Dieu dans nos vies d'hommes et de femmes qui cheminent à travers le temps, non comme quelque chose de menaçant, mais de profondément consolant. Pour ouvrir notre coeur à la confiance et à la confidence, le Père, dans la plénitude des temps qui correspondent au quotidien vécu avec attention et vigilance, n'a pas seulement envoyé son Fils bien-aimé, mais il a envoyé ce Fils dans la forme la plus compréhensible à notre coeur si dur, celle d'un enfant sans défense qui a besoin d'être accueilli pour finalement nous accueillir entièrement. Alors, l'exhortation qui résonne dans l'Evangile à la fin du ministère du Seigneur et à l'approche de sa passion, est autant valable au début : " Faites attention " ( Mc 13, 33 ). C'est exactement ce que l'on demande à un visiteur inattendu lorsqu'il entre dans une maison où un  petit enfant dort : on l'invite à faire attention à son repos, indispensable à sa croissance.

          Mais, le Seigneur Jésus ne se limite pas à cela et il nous exhorte encore : " Faites en sorte qu'en essayant de vous joindre à l'improviste, l'on ne vous trouve pas endormis ( 13, 36 ). Il ne s'agit pas seulement d'être attentifs, mais aussi d'être opérationnels pour qu'à son réveil, l'enfant nous trouve prêts à le nourrir, à s'occuper de lui et même à jouer.....par une parole qui donne la priorité à celui qui - petit - ne peut s'imposer, mais seulement espérer en la bonté et la sensibilité de celui qui est plus grand. Partout où nous tournons notre regard, nous voyons, ces jours-ci, des lumières et des crêches qui imposent presque violemment la réalité de Noël. En tant que Chrétiens, nous sommes appelés à être vigilants pour que le mystère de l'Incarnation ne soit pas vidé de son sens et presque rendu inutile pour la fête de Noël. Ce n'est certes pas facile, mais la parole de l'apôtre peut nous aider à avoir une sorte de boussole pour ne pas perdre la bonne direction du chemin de ce temps : " Dieu est digne de foi, vous avez été appelés par Lui à la communion avec son Fils Jésus-Christ " ( 1 Co 1, 9 ). Jour après jour, nous pouvons examiner notre capacité grandissante à dire " Tu " à Dieu en apprenant et reconnaissant le " tu" de chaque frère et soeur que nous rencontrons sur notre route et qui a besoin d'être reconnu et accueilli. La plus belle découverte est sans doute celle de mieux apprécier le don d'être - pour Dieu et pour les autres - un aimable " tu ", à notre tour. De cette façon, l'invocation du prophète sera vraiment nôtre : " Si tu déchirais les cieux et descendais ! " ( Is 63, 19 ). Viens, Seigneur Jésus!