Aujourd'hui, la parole

Attendre le... Tu
Saturday, 28 November 2020
I Dimanche de l'Avent ( Is 63 - 64 passim / Ps 79 / 1 Co 1, 3 - 9 / Mc 13, 33 - 37 )             Le prophète Isaïe qui deviendra une présence particulièrement  chérie dans notre vie tout au long de ce nouveau...

FÊTE DU CHRIST ROI DE L' UNIVERS

( Ez 34, 11 - 12 . 15 - 17 / Ps 22 / 1 Co 15, 20 - 26. 28 / Mt 25, 31 - 46 )

 

          La fin d'une année liturgique devient l'occasion d'une série d'examens de conscience pour faire le point sur notre parcours et notre conformité au Christ Seigneur. Les paroles du prophète Ezechiel nous rappellent encore une fois les intentions les plus profondes et les plus vraies du Seigneur dans sa façon de se relier à notre humanité qui est fondamentalement une manière d'en prendre soin et de le faire personnellement : " voilà que moi-même je chercherai mes brebis et je m'occuperai d'elles... ( Ez 34, 11 ) et encore : " je conduirai moi-même mes brebis au paturâge et je les ferai reposer " ( 34, 15 ). Ce que nous appelons communément " jugement universel" mis au goût du jour par les artistes de tous les temps, comme dans la chapelle Sixtine, est, en réalité universel seulement dans la mesure où c'est un exigeant et intime " jugement personnel". En effet, " Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire..." ( Mt 25, 31 ) il ne fera rien d'autre que de révéler à chacun à quel degré de sa personnalité il a rejoint durant sa vie la capacité plus ou moins grande de rester près des autres - surtout des " plus petits " ( 25, 40 ) - en se laissant toucher et interpeler par leurs besoins quotidiens les plus simples.

          La parole de l'apôtre peut, non seulement être illuminante, mais elle peut aussi nous aider et nous orienter dans notre parcours : " car, la mort étant venue par un homme, c'est aussi par un homme que viendra la résurrection des morts " ( 1 Co 15, 21 ). Indubitablement cela concerne notre relation au Christ Seigneur en tant que notre Sauveur, mais le fait qu'Il s'identifie aux " plus petits", cela signifie vraiment, qu'à travers notre relation aux plus déshérités, nous actualisons notre chemin vers la résurrection. Chaque résurrection , qui n'est pas une fuite, débute déjà ici et maintenant par la participation et la croissance de notre personne comprise comme capacité d'aimer gratuitement et sans aucun calcul. Tout cela également, sans espérer aucune contre-partie, et même sans s'en rendre compte, comme si c'était une chose absolument naturelle : " Seigneur, quand t'avons-nous vu ? " ( Mt 25, 37 ). Si, personnellement, nous saurons vivre ainsi, alors, le Règne de Dieu se lèvera déjà ici et maintenant !

          Célébrer le mystère de la royauté du Christ est une manière subtile de faire le point sur notre liberté. Par le mystère de sa croix, le Seigneur a conquis pour nous la liberté d'être fils et non plus serviteurs. Le désir d'être ses disciples nous rend toujours plus libres d'être petits et d'aimer la compagnie des " plus petits " . Cela arrive souvent, et, lors de notre compréhension du mystère du Christ, les symboles sont d'autant plus capables de nous ouvrir à l'accueil du mystère qu'ils peuvent se lire " à contrario". Si maintenant notre Seigneur Jésus Christ  est le roi de l'univers, c'est justement parce qu'Il s'est fait petit et pauvre avec nous et pour nous  afin que nous soyons complètement libres de toute peur, de toute crainte, de tout envie de chantage ou d'intimidation. Pendant que nous concluons cette année liturgique, l'une des plus belles choses serait de découvrir , à travers les mystères du Christ, qu'en écoutant chaque jour sa Parole notre coeur soit devenu plus simple, plus libre, plus filial. Ne craignons donc aucun jugement et confions-nous volontiers au regard doux et joyeux du Christ, notre roi et Seigneur.

Seigneur Jésus, c'est toi qui nous juges et nous rassasies, sois pour nous repos et réconfort, sois l'appel à une vie plus simple, plus attentive à ceux qui souffrent, à ceux qui pleurent, à ceux qui sont dans l'épreuve. Notre coeur ne craint pas ton jugement, Seigneur, car tu nous appelles et nous aimes un à un et nous ne somme que terre, herbe, feuille.....rien.....si ton Esprit ne nous habite pas. Nous reconnaissons ainsi être limités et nous ne pouvons voler haut que sur les ailes de ton amour. Il en est ainsi pour chacun de nous et nous t'en rendons grâce.