Aujourd'hui, la parole

Attendre le... Tu
Saturday, 28 November 2020
I Dimanche de l'Avent ( Is 63 - 64 passim / Ps 79 / 1 Co 1, 3 - 9 / Mc 13, 33 - 37 )             Le prophète Isaïe qui deviendra une présence particulièrement  chérie dans notre vie tout au long de ce nouveau...

XXXIII DIMANCHE T.O.

( Pr 31 passim / Ps 127 / 2 Th 5, 1 - 16 / Mt 25, 14 - 30 )

 

          Un Dieu qui se met en voyage, voici la révélation de ce dimanche. En y pensant bien, celui qui voyage a une aptitude, non seulement pour l'aventure, mais surtout pour la confiance. La confiance de pouvoir découvrir de nouvelles et belles choses, de pouvoir être écouté et même aidé dans son propre cheminement. Les sédentaires risquent de devenir méfiants ! Notre Dieu n'est pas un Dieu méfiant, et moins encore, un Dieu malveillant. Il y a tant d'images et de suggestions qui nous sont offertes par la liturgie de la parole en ce dimanche, par lesquelles nous commençons à goûter au début d'une nouvelle année liturgique. Entre toutes nous voulons privilégier et en souligner une tout particulièrement, justement, celle du voyage ! La parabole que le Seigneur Jésus nous raconte aujourd'hui, parle bien sûr de ces trois serviteurs avec lesquels nous sommes appelés à nous mesurer et à nous comparer, mais elle attire avant tout notre regard et notre attention sur " un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviyeurs et leur confia ses biens " ( Mt 25, 14 ). En réalité, alors que cet homme se prépare à partir en voyage, il y fait aussi participer, indirectement ses serviteurs à qui il confie ses biens, les faisant participer à sa marche, en transformant le temps de l'attente et de l'éloignement en un moment de vraie et profonde communion. La Liturgie nous aide à comprendre le mystère de ces trois serviteurs qui, d'une certaine façon, nous représentent dans les moments les plus généreux et les plus difficiles dans le déroulement  de notre vie . Pour nous donner courage, il nous est offert l'exemple d'une " femme forte " ( Pr 31, 10 ).

          Le secret de la force de cete femme ne réside bien sûr pas dans ses muscles et moins encore - c'est à souhaiter ! - dans ses moustaches, mais vraiment dans sa persévérance tenace et laborieuse, fondée sur un rapport au temps absolument vigilant et capable de profiter de chaque occasion et de  chaque situation pour donner le meilleur de soi et de le faire en faveur des autres par une attitude significative qui fait la différence qualitative : " et ses mains travaillent volontiers" ( 31, 13 ). Le vrai reproche qui est fait au " serviteur malveillant et paresseux " ( Mt 25, 26 ) n'est certes pas d'avoir fait perdre un certain profit à son patron, mais bien de ne pas avoir été capable d'accueillir une nouvelle possibilité pour sa vie en accomplissant un petit grand voyage intérieur : celui qui nous permet de passer de l'horizon mortifiant et mortel de la " peur " ( 25,25 ) au courage de risquer pour devenir, malgré tout et à travers tout, une personne en qui l'on se " confie " ( Sir 31, 11 ).

          L'apôtre Paul, à son tour nous sort de notre sommeil pour que nous ne nous laissions pas aller à la torpeur spirituelle et existentielle : " ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres " ( 1 Th5, 6 ). Tout comme lorsque le matin nous nous réveillons, encore une fois et nous nous mettons en route pour affronter " volontiers " les défis d'une nouvelle journée, ainsi, à chaque instant, nous sommes appelés à faire de notre existence un vrai voyage fait de fatigue mais aussi de joie. Nous savons tous qu'aucun voyage - digne de ce nom - ne serait possible sans une bonne dose de curiosité et de disponibilité à l'aventure et à la découverte. Le Seigneur se révèle à nous comme perpétuellement en " voyage " et nous invite à ne pas rester prisonniers de nos peurs et de nos obsessions, pour donner à notre vie une possibilité de croissance, une espérance de nouveauté, sans nous laisser endormir par la crainte de nous tromper. En reprenant le psaume, nous pourrons dire : " Heureux celui qui......marche " ( Ps 127, 1).

Seigneur, nous sommes les travailleurs de ton champ, les ouvriers du Règne. Libère-nous de la tentation de nous contenter d'un petit horizon, rendu misérable par la peur du risque. Rends-nous courageux et disponibles dans " l'ici et maintenant" :  c'est ici qu'il nous est demandé de nous remettre continuellement en voyage et c'est maintenant que nous devons et voulons accomplir encore un pas. Donne-nous, Seigneur, de cultiver cette foi itinérante, cette inéxorable recherche qui permettra l'accomplissement final de la rencontre avec toi, Seigneur de l'Histoire.