Aujourd'hui, la parole

Convinction
Saturday, 17 October 2020
XXIX Dimanche du T.O. ( Is 45, 1-4 -6 / Ps 95 / 1 Th 1, 1 - 56 / Mt 22, 15 - 21 )             Les paroles qui concluent la seconde lecture de ce dimanche résonnent ainsi : " En effet, notre Evangile ne se...

XXIX Dimanche du T.O.

( Is 45, 1-4 -6 / Ps 95 / 1 Th 1, 1 - 56 / Mt 22, 15 - 21 )

 

          Les paroles qui concluent la seconde lecture de ce dimanche résonnent ainsi : " En effet, notre Evangile ne se diffuse pas seulement par la Parole entre nous, mais aussi par la puissance de l'Esprit Saint et par une profonde conviction " ( 1 Th 1, 5 ). C'est sur nos profondes convictions que la Parole de Dieu, aujourd'hui, nous demande de nous interroger avec une certaine honnêteté. Malgré leur hypocrisie et leur fausse amitié, les disciples des pharisiens qui, au moins pour une fois, se solidarisent avec les hérodiens et adressent au Seigneur Jésus un compliment qui, bien qu'il ne coule pas de source, est authentique : " Maître, nous le savons, tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité. Tu ne te laisses influencer par personne, car ce n'est pas selon l'apparence que tu considères les gens " ( Mt 22, 16 ). Malgré toutes les disputes et le fait que les pharisiens cherchent par tous les moyens de " prendre Jésus en défaut dans ses discours " ( 22, 15 ) pour pouvoir l'éliminer. De toute façon, surtout depuis l'acclamation de son entrée dans la cité sainte de Jérusalem, tout le monde a une haute considération du Seigneur pour son honnêteté et ses fortes convictions.

          La question concerne " l'impôt à César" ( 22, 17 ) et, c'est un piège né de la " perversité " ( 22, 18 ), mais la réponse de Jésus et plus encore sa réaction rapide, témoigne de sa capacité d'aller au-delà de la perversité, sans se laisser aucunement contaminer : " montrez-moi la monnaie de l'impôt" ( 22 19 ). Le Seigneur Jésus ne sort pas de sa poche une pièce - bien qu'il ne soit pas exclu qu'il en ait quelques unes ! - mais il demande à ceux qui veulent le piéger de se rendre compte que leur question a déjà une réponse et que celle-ci ne vient pas de Jésus et ne prend position ni pour ou contre César. Le fait qu'il existe, ne serait-ce qu'une seule pièce, est déjà un indice d'intégration et, dans le cas des pharisions et des sadducéens, l'on pourrait même dire de parfaite intégration - dans un système socio-politico-économique. La question sérieuse n'est donc pas liée à l'argent et à l'impôt, mais à sa propre conviction profonde qui engendre des choix et des attachements concrets, de rendre toujours " à Dieu ce qui est à Dieu " ( 22, 21 ).

          Et l'on ne rend pas à Dieu la juste mesure si l'on ne lui rend pas tout, afin de se faire continuellement éclairer et guider, tout comme nous usons l'argent et vivons les relations sociales et économiques, du moins imposées par le contexte. Naturellement la question n'est pas " si " mais " comment " payer son impôt selon sa vie qui est forcément ancrée dans l'Histoire. Le prophète Isaïe nous aide à donner une réponse et même deux ! La premère est qu'il ne faut pas trop cataloguer et diaboliser.....les services de l'argent, et de César. En effet, un grand roi païen comme Cyrus devient un instrument docile qui permet au peuple de retourner dans la Terre des Pères et de reconstruire Jérusalem. Le critère pour discerner est d'être capable dans sa vie " d'ouvrir les battants des portes et de veiller à ce qu'aucun portail ne reste fermé " ( Is 45, 1 ). Le Seigneur Dieu s'adresse à Cyrus par le prophète en reconnaissant à travers ses choix et ses projets des ressemblances avec son propre dessein divin et cela : " même si tu ne me connaîs pas " ( 45, 4 ). Au lieu de poser une question au Seigneur Jésus, comme des enfants qui cherchent l'autorisation d'avoir ce qu'ils ont depuis toujours en poche, cherchons à savoir si notre façon de nous servir des choses de la terre est capable " d'ouvrir" et non de fermer à tous et à chacun " les battants des portes " de la vie. Cela dépendra de notre " conviction" et non de " l'image " et encore moins de " l'inscription".

Seigneur, notre dialogue avec toi est trop souvent un bavardage, une suite de pensées enfermées en nous-mêmes, dans une auto-référence qui nous bloque. Seigneur Jésus, ouvre , à tout prix, grand notre coeur et les battants des portes de notre vie, dilate notre capacité d'entrer en relation avec nos frères, avec toi, afin que chaque bien soit au service d'un authentique et convaincant dialogue d'amour....enraciné jusqu'aux nuages et au -delà : jusqu'à Toi !