Aujourd'hui, la parole

Convinction
Saturday, 17 October 2020
XXIX Dimanche du T.O. ( Is 45, 1-4 -6 / Ps 95 / 1 Th 1, 1 - 56 / Mt 22, 15 - 21 )             Les paroles qui concluent la seconde lecture de ce dimanche résonnent ainsi : " En effet, notre Evangile ne se...

XXVIII Dimanche du T.O.

( Is 25, 6 - 10 a / Ps 22 / Ph 4, 12 - 14.19 -20 / Mt 22, 1 - 4 )

 

         C'est comme si quelqu'un se présentait à un festin de mariage en short et bandana ou en vêtement de travail avec une paire de savates.....! Tout le monde serait un peu embarassé et l'on n'accepterait difficilement la justification selon laquelle l'intention suffit et qu'il ne faut pas se formaliser car l'important est le coeur et le désir de fêter et de se réjouir avec les mariés. En réalité, l'intention d'être présent à une " fête de noces" ( Mt 22, 2 ) ne suffit pas, il est nécessaire d'entrer dans la dynamique de la fête qui est le résultat d'un apport généreux et partagé de chacun. Une autre parabole nous est racontée par le Seigneur Jésus et elle s'adresse encore une fois de façon directe aux chefs des prêtres et aux pharisiens.

          En réalité, il y a deux paraboles : l'une concerne ceux qui sont invités les premiers et "ne s'y intéressent pas " ( 22, 5 ), en effet, non seulement ils déclinent l'invitation, mais ils maltraitent jusqu'à les tuer ceux qui leur portaient une parole innocente et sans la moindre menace : " Venez à la noce !" ( 22, 4 ). L'autre au contraire, concerne l'un des nombreux invités qui a d'abord décliné l'invitation, puis s'est précipité dans la salle nuptiale, sans doute mû par un élan famélique pour s'installer sur le banc, sans revêtir " l'habit nuptial " ( Mt 22, 11 ). Dans les deux cas, la conséquence est assez forte ! Dans le premier cas, le roi " envoya ses troupes pour faire tuer ces assassins et mit à feu leur ville " ( 22, 7 ). Dans le deuxième cas, le roi ordonna : " Liez-lui les mains et les pieds et jetez-le dehors, dans les ténèbres où il y a des pleurs et des grincements de dents " ( 22, 13 ). La conclusion de la parabole est valable pour toutes les deux mini-paraboles : " Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus" ( 22, 14 ). Il ne s'agit pas, bien sûr, de distinguer les bons des méchants, car au coeur de la parabole se trouve une parole qui ne s'arrête pas à cataloguer les invités : " tous ceux que vous trouverez, appelez-les à la noce ". En effet, l'on découvre que les serviteurs obéissants à leur patron en agissant selon ses intentions, " rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces se remplit de convives ".

          L'aspect sur lequel le Seigneur Jésus veut attirer l'attention est notre dignité à devenir objet de l'appel de Dieu, mais c'est l'appel de Dieu qui nous donne une dignité nouvelle qui permet à notre vie d'assumer une pleine dignité. Voilà pourquoi, qu'il s'agisse de l'invitation manquée ou de la tenue inadéquate, l'incapacité à accueillir la portée du don qui nous est fait est mise en évidence. En agissant ainsi, plus ou moins consciemment, l'on n'accueille pas l'invitation aux noces, qui est toujours hors de nos programmes, de nos attentes, de nos habitudes et même de nos économies. Le prophète Isaïe nous le rappelle quand il dit : " car la main du Seigneur reposera sur cette montagne " ( Is 25, 20 ). Il s'agit de la montagne de notre vie pour qui le Seigneur continue jour après jour à préparer " un repas sous les yeux " ( Ps 22, 5 ) des ennemis de notre joie. Nous pourrons faire nôtre la parole de l'apôtre : " je sais vivre dans la pauvreté comme dans    l'abondance, je suis préparé à tout et pour tout, à la sassiété et à la faim, à l'abondance et à l'indigeance. Je peux tout en celui qui donne la foi " (Ph 4,12 - 13 ).

Seigneur Jésus, pardonne-nous, car, trop souvent, nous ne nous rendons même pas compte de ton invitation aux noces , au partage, à la fête de la vie que tu prépares pour nous. Rends-nous capables d'écouter, d'accueillir et de revenir. Nous revenons, te louons, te disons notre amour et te demandons pardon pour chacune de nos absences à nos frères, à tous ! Pardonne-nous, Seigneur et ne nous abandonne pas !