Aujourd'hui, la parole

Convinction
Saturday, 17 October 2020
XXIX Dimanche du T.O. ( Is 45, 1-4 -6 / Ps 95 / 1 Th 1, 1 - 56 / Mt 22, 15 - 21 )             Les paroles qui concluent la seconde lecture de ce dimanche résonnent ainsi : " En effet, notre Evangile ne se...

 XXVI Dimanche du T.O.

( Ez 18, 25 - 28 / Ps 24 / Ph 2, 1 - 11 / Mt 21, 28 - 32 )

 

          L ' exhortation de Paul, bien qu'elle tombe par hasard dans le déroulement des lectures de ce dimanche est d'une grande aide pour comprendre, non seulement la parole du Seigneur Jésus que nous trouvons dans l'Evangile, mais aussi celles du prophète Ezéchiel qui en prépare la  compréhension profonde et généreuse : " Si l'on a de la tendresse et de la compassion, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes sentiments, le même amour, recherchez l'unité " ( Ph 2, 1 - 2 ). L'invitation à être unis revient très souvent dans les exhortations de l'apôtre, toutefois, elle s'enracine dans un besoin irrépréhensible dans le coeur de chacun et trouve aujourd'hui, à travers la révélation de la Parole, son fondement le plus profond. Il s'agit du fondement le plus vrai sans lequel tout effort, même sincère et passionné, risque de tomber dans le vide. Pour cela, il est nécessaire de retrouver l'unité de son propre coeur, la réconciliation de ses désirs, la mémoire du combat intérieur vers la paix et la vérité qui nous rendent vraiment frères et soeurs de tous et amis de nous-mêmes.

          Le Seigneur Jésus pose une question au chef des grands-prêtres et aux anciens du peuple et, derrière ce symbole, il s'adresse à ce qui en nous risque d'être cérébral, directif, préjudiciable. De cette façon, il nous demande de descendre de notre piédestal de super-idéaux pour partir à l'ascension du réel de ce que nous sommes qui nous ouvre à l'accueil serein et plein de " compassion" ( Ph 2, 1 ) pour les difficultés et les recherches de nos frères. Paul nous pousse à assumer rien de moins que " les mêmes sentiments de Jésus-Christ " ( 2, 5 ) et il nous dévoile l'unique façon de le faire qui n'est pas de poursuivre un  grand " idéal " éthéré, pour autant, admirable, mais de se vider de toute prétention sur soi. Ceci est l'unique voie pour se libérer de toute prétention sur les autres afin de connaître le seul " privilège" ( 2, 6 ) qui appartenait au Maître et que nous voudrions faire nôtre : ressembler au Père des cieux pour être reconnus comme ses fils et appelés pour cela par tous par le nom et la réalité de frères.

          Le premier pas, celui sans lequel rien de tout cela ne serait possible, est indubitablement l'accueil de cette lutte intérieure qui nous habite, pour accueillir existentiellement et effectivement " la volonté du Père " ( Mt 21, 31 ). Cette volonté peut se résumer en une seule parole qui devient un défit - que nous soyons, que nous nous sentions et que nous nous comportions en - frères. Pour être ainsi, il faut reconnaître porter en nous une passion qui devient souvent une lutte et une contradiction qui, pourtant, n'est pas capable de nous séparer du projet de Dieu qui n'exclut personne.....pas même les " publicains et les prostituées. A notre manière d'imaginer la réalité avec une tendance à la négativté, le Seigneur se positionne de façon différente pour devenir compagnon de chemin : " et si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratique le droit et la justice, il sauvera sa vie ( Ez 18, 27 ). Ce qui fait vivre, c'est l'hypothèse qu'il est possible - toujours et malgré tout - qu'il y ait un changement et une amélioration pour tous. Alors que le " chef" et le " prêtre " qui sont à l'intérieur de nous risquent d'hypothétiser toujours le pire, le Père qui nous aime et nous accompagne est toujours capable de mettre en place l'hypothèse du meilleur, en nous demandant d'assumer ses propres " sentiments " et de faire nôtre son  hypothèse sur l'humanité, en nous attendant donc au meilleur.

A Toi, Seigneur, qui vois en chaque homme des semeurs de bien et la possibilité infinie de croissance, à Toi, qui crois en nous, malgré toute évidence, à Toi, Seigneur, amoureux passionné et compatissant de nous qui ne le méritons pas, à Toi, nous demandons la grâce de te suivre et de savoir regarder chacun de nos frères avec cet amour spécial qui voit le bien dans l'autre, un amour qui n'est pas à nous, mais qui vient uniquement et seulement de Toi.