Aujourd'hui, la parole

Convinction
Saturday, 17 October 2020
XXIX Dimanche du T.O. ( Is 45, 1-4 -6 / Ps 95 / 1 Th 1, 1 - 56 / Mt 22, 15 - 21 )             Les paroles qui concluent la seconde lecture de ce dimanche résonnent ainsi : " En effet, notre Evangile ne se...

XXV Dimanche du T.O.

( Is 55, 6 - 9 / Ps 144 / Ph 1, 20 c - 27 a / Mt 20; 1 - 16 )

 

        La question que le Maître de la parabole pose à ses ouvriers mécontents et récriminants résonne ainsi : " N'as-tu pas été d'accord avec moi pour un denier ? " ( Mt 20, 13 ) Question assez exigeante et profondément restritive ! Pour chacun de nous, il s'agit de  fermer les yeux sur l'expérience de nos frères pour être complètement attentifs à nous-mêmes, jusqu'à accepter un degré d'ignorance qui, en plus d'être vrai est souvent aussi utile. Pour chacun de nous, le défi est de se souvenir de l'accord que nous avons passé avec notre Seigneur et d'accepter de ne pas savoir - parce que, en fait, nous ne le savons pas - ce qui a été conclu avec les autres. La parabole que la liturgie nous fait lire ce dimanche, n'est pas une proposition de manoeuvre économique, mais, à travers une réalité qui nous touche tous , le rapport de justice entre le travail effectué et la récompense reçue, c'est une façon d'être qui conduit à affiner notre sensibilité. C'est la seule façon pour accorder notre façon de ressentir et de juger à la sensibilité de la logique du  "Règne des cieux " ( 20, 1 ).

          L' apôtre Paul devient pour nous un exemple de l'attachement juste et adéquat quand il nous invite à se comporter de " façon digne de l'évangile du Christ " ( Ph 1, 27 ). L'on nous offre ainsi l'exemple d'une vie attentive et concentrée non pas sur ce que font ou non les autres, mais sur ce que l'apôtre sent être sa fidélité fondamentale et indéfectible pour être disposé à tout sans juger personne. Pour cela, Paul dit : " Christ sera glorifié dans mon corps, que je vive ou que je meurs " et il ajoute magnifiquement " En effet, pour moi, vivre, c'est le Christ et mourir est un avantage " ( 1, 20 - 21 ). Etre dignes de l'Evangile est ce qui doit nous rester à coeur et cela ne peut qu'être lié au parcours personnel de chacun dont seul le Seigneur est témoin, lui qui connaît la difficulté de celui qui a " supporté le poids de la journée et la chaleur" ( Mt 20, 12 ) ou l'angoisse de celui qui est resté sans travail jusqu'au soir avec une motivation peu banale " car personne ne nous a embauchés pour la journée " ( 20, 7 ).

          Nous pouvons imaginer tout ce que nous voulons sur le plan du labeur et de l'interdépendance de ces ouvriers de la dernière heure, mais la parabole nous dit seulement que ceux-ci sont rester sans travailler alors qu'il y étaient disposés, même pour accepter de faire une seule heure de travail sans aucun contrat comme c'était arrivé pour les premiers qui, ensuite, se plaignent. Le psaume nous le rappelle d'une manère assez belle : " Le Seigneur est juste dans toutes ses voies et bon dans toutes ses oeuvres " ( Ps 144, 17 ). Le prophète de son côté, clarifie l'attachement de Dieu qui se soustrait à toute tentative de manipulation : " car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins " ( Is 55, 8 ). Tout le long de cette journée, nous sommes appelés vraiment à ré-examiner notre façon de penser et de juger, souvent d'une manière auto-justificatrice et accusatrice face à notre rapport avec les autres. Affinons, non pas les armes du jugement, mais celles de la compréhension qui commence toujours par une humble et juste compréhension de nous-mêmes.

Seigneur Jésus, nous te laissons à Toi, qui connaîs les lumières et les ombres de nos coeurs, le soin d'entrer dans le coeur de nos frères. Apprenons à ne pas être des juges sévères du chemin des autres et à nous souvenir de qui nous sommes et de qui tu es pour nous, Seigneur. Cela peut calmer notre esprit et l'affiner, afin que nous sachions avancer avec des pas décidés sur la route du partage et de la conversion. Nous te prions pour cela.