Aujourd'hui, la parole

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Saturday, 19 September 2020
XXV Dimanche du T.O. ( Is 55, 6 - 9 / Ps 144 / Ph 1, 20 c - 27 a / Mt 20; 1 - 16 )           La question que le Maître de la parabole pose à ses ouvriers mécontents et récriminants résonne ainsi : " N'as-tu pas...

XXIII Dimanche du T.O.

( Ez 33, 7 - 9 / Ps 94 / Rm 13, 8 - 10 / Mt 18, 15 - 20 )

 

          La Parole de Dieu prend soin aujourd'hui de nos relations blessées afin qu'elles puissent devenir des relations approfondies, même si, pour différentes raisons, elles ne peuvent être des relations réussies. Le premier pas que le Seigneur nous demande d'accomplir dans la relation fraternelle est de faire ce premier pas sans attendre que l'autre le remarque ou le soupçonne. Il s'agit d'accepter, comme le Père dans la parabole  de Luc, de parcourir toujours le dernier petit trajet de route qui nous sépare de l'autre, pour ne pas qu'il ait honte et pour qu'il ne se sente pas trop et inutilement humilié : " Si ton frère a commis une faute contre toi, va lui faire des reproches, seul à seul " et il ajoute : " s'il t'écoute, tu as gagné ton frère ". ( Mt 18, 15 ). Il faut renoncer à attendre l'autre au détour  pour qu'il fasse un faux pas à partir duquel l'on pourra enfin et finalement régler nos comptes. Le Seigneur Jésus demande à ses disciples d'être capables - toujours et surtout lorsqu'on a subi un tort - de sortir de son propre espace pour risquer d'entrer dans  l' espace de l'autre, en reconnaissant ainsi que l'autre a aussi quelque chose à me dire et que j'ai aussi " commis une faute contre  le frère "qui exige d'être soignée et guérie.

          La relation blessée peut devenir l'occasion de grandir vers une relation approfondie et peut même étonner et surprendre par des possibilités de se rencontrer et de s'aimer de façons différentes. L'apôtre Paul ne laisse aucune échappatoire à une quelconque excuse : " vous n'avez de dettes envers personne, sauf celle de l'amour mutuel". La motivation semble, non seulement, être fondamentale, mais aussi absolue : " car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi " ( Rm 13, 8 ). Le devoir d'aimer toujours et partout, n'est donc pas considéré comme un acte pieux et dévot, mais, au contraire, comme une ouverture pour accueillir et cultiver sa propre façon d'être adulte en tant que personne et en tant que croyant. En fait, la capacité d'aller vers l'autre même quand nous avons l'impression que l'autre est contre nous, est justement ce qui nous permet de découvrir alors que le frère chemine simplement à côté de nous, même s'l le fait d'une façon différente qui lui est propre. Si ce cheminement est accueilli, il dévoilera et  révèlera son être particulier et unique tout en enrichissant ma propre vie.

          Pour les disciples du Seigneur Jésus, la relation fraternelle n'est pas à envisager comme un bien-être émotif, mais est à revoir et à choisir chaque jour comme un service prophétique : " Fils d'homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d'Israël . Lorsque  tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part " ( Ez 33, 7 ). C'est la capacité adulte d'être à l'é coute de Dieu qui nous habilite à risquer la parole dans la relation fraternelle qui a pour qualité et vérité le fait que tout en réprimandant et conseillant, nous restions toujours dans une attitude d'écoute et de disponibilité et non sur la défensive. Aller vers l'autre signifie, en fait, savoir toujours s'exposer à l'autre. C'est justement cela qui rend la logique du Règne de Dieu présent, car : " Si deux d'entre vous se mettent d'accord pour demander quoi que ce soit, mon Père qui est aux cieux, le leur accordera " ( Mt 18, 19 ).

Celui qui marche à nos côtés, n'a pas toujours notre pas, ne vise pas le même horizon, ne souhaite pas la même harmonie...et pourtant, il est toujours notre frère. Donne-nous, SeIgneur la possibilité de grandir, de mûrir en tant que personnes et croyants et fais que nous devenions plus simples et plus pauvres, capables de relations libératrices et libérées, disposés à sortir à la découverte pour mettre en mouvement des pas de bonté vers l'autre.