Aujourd'hui, la parole

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Saturday, 19 September 2020
XXV Dimanche du T.O. ( Is 55, 6 - 9 / Ps 144 / Ph 1, 20 c - 27 a / Mt 20; 1 - 16 )           La question que le Maître de la parabole pose à ses ouvriers mécontents et récriminants résonne ainsi : " N'as-tu pas...

   XIX Dimanche du T.O.

( 1 R 19, 9- 13 / Ps 84 / Rm 9, 1 - 5 / Mt 14, 22 - 33 )

 

          Les lectures de ce dimanche nous donnent un peu le mal de mer ou, pour certains, le mal des montagnes....ou le mal des avions... Oui, parce que tout est en mouvement, tous sont en mouvement. Les personnes et les éléments naturels bougent comme au début de la création, et, comme à chaque ré-initiation de création, il ne suffit pas simplement de déplacer d'une façon chaotique - comme la mer pendant une tempête - ou malencontreuse - comme Pierre qui cherche à rejoindre le Seigneur Jésus qui vient à sa rencontre en marchant sur la mer agitée. Il est nécessaire de se mouvoir sans s'agiter, en retrouvant continuellement un ordre qui exige toujours un choix d'orientation. La foule est renvoyée à son propre chemin, après la multiplication des pains, et elle est appelée à affronter la vie avec une vigueur nouvelle et une responsabilité renouvelée. Le Seigneur Jésus lui aussi, se déplace pour retrouver son calme : " Il grimpa sur la montagne, à l'écart, pour prier" et " le soir venu, Il resta là-haut, seul ". ( Mt 14, 23 ) Les disciples se trouvent au large, au milieu des " eaux " ( 14, 24 ),  assez ballotés, ce qui les rend encore plus impressionnables.

          De même, le prophète Elie, après la grande performance sur le Mont Carmel, doit se remettre en marche pour approfondir plus tard son propre rapport à Dieu et purifier son image de Dieu pour y conformer sa propre image de témoin et de prophète. Ainsi, arrivé à la montagne de Dieu, il doit, sans être exempté de fatigue, faire le grand pas d'accepter d'entrer dans le monde de Dieu après lui avoir demandé d'entrer dans son monde : " après le feu, il y eut le murmure d'une brise légère " ( 1 R 19 , 12 ). L'apôtre Paul se laisse aller à une sorte d'exutoire et nous manifeste ses sentiments les plus combattus et non encore résolus de la relation entre la tradition d'Israël et la révélation en Jésus Christ de l'accomplissement des promesses faites aux Pères : " J'ai dans le coeur une grande douleur et une souffrance continue " ( Rm 9, 1 ). Celle justement de devoir affronter quotidiennement le mouvement intérieur de la compréhension et de la relation.

          Alors que tout bouge de long en large et surtout en profondeur " vers la fin de la nuit, Il s'avança vers eux en marchant sur la mer " ( Mt 14, 25 ). Origène précise qu'il s'agit de la quatrième veille lorsque désormais la nuit est entrain de se terminer et que la lumière du jour ne point pas encore. C'est l'heure la plus magique, celle des rêves les plus intenses, celle de l'incertitude entre lumière et ténèbre, celle de la lutte de la volonté entre s'éveiller et continuer à dormir, celle où il faut se décider à affronter un nouveau jour quel que fut le repos nocture, à peine passé, plus ou moins sereinement ou plus ou moins agité. Là et alors, le Seigneur vient à notre rencontre et demande à être reconnu quand la volonté est plus faible et les sentiments - surtout les peurs - sont plus vifs et intenses. Au coeur de tout ce mouvement qui facilement devient agitation, la parole du Seigneur résonne : " Courage, c'est moi, n'ayez pas peur ! " ( 14, 27 ) Devant cette parole, nous ne pouvons que réagir comme Elie qui " en l'entendant, se couvrit le visage avec son manteau, sortit et s'arrêta à l'entrée de la grotte " ( 1 R 19, 13 ). Il faut encore s'arrêter pour reprendre, à nouveau de façon différente, le chemin. Si, comme cela arrive souvent, nous sommes tiraillés entre de désir de bouger et celui de nous laisser immobiliser par la peur, une invitation résonne : " Viens !" ( Mt14,28 )

Seigneur Jésus, il ne manque pas dans notre vie des moments où l'agitation semble prévaloir, et la tentation de fermer les yeux, de rester immobile pour ne pas affronter une réalité qui ne nous correspond pas est souvent présente ; mais ta parole résonne claire, elle nous invite et nous soutient, par rapport à toi, à la rencontre solidaire avec nos frères ; alors, notre coeur s'illumine et rend l'aurore plus proche et la lumière du jour plus limpide. Merci, Seigneur !