Aujourd'hui, la parole

Mouvement
Saturday, 08 August 2020
   XIX Dimanche du T.O. ( 1 R 19, 9- 13 / Ps 84 / Rm 9, 1 - 5 / Mt 14, 22 - 33 )             Les lectures de ce dimanche nous donnent un peu le mal de mer ou, pour certains, le mal des montagnes....ou le mal des...

XVI Dimache du T.O. 

( Sg 12,13. 16 - 19 / Ps 85 / Rm 8, 26-27 / Mt 13, 24 - 43 )

 

      Le Seigneur nous demande un pas de plus et il le fait continuellement en communiquant à notre coeur la logique qui domine son propre coeur. Les paraboles représentent une façon " soft ", mais non moins efficace, de pousser chacun de nous à faire un pas de plus sur le chemin de conversion, presque comme une invitation à glisser la chaussure de notre âme dans les traces laissées par les paraboles et les gestes du MaÎtre : " Le règne des cieux est semblable à un homme qui..." ( Mt 13, 24 ). Il ne faut pas sous-évaluer ce début car il contient déjà toute la force et la beauté du message qui nous vient du Seigneur. La première chose - la plus fondamentale - est que " le règne des cieux " nous ressemble, il n'est pas au-dessus , ni loin de nous, mais il viendra à travers nos gestes quotidiens et nos sentiments humains. De ce point de vue, l'apôtre Paul semble renforcer encore plus cet horizon de confiance qui nous vient presque par osmose de la foi que Dieu a envers nous " l'Esprit vient en aide à notre faiblesse et " intercède par des gémissements inexprimables " car " celui qui scrute les coeurs sait ce qu'il désire " ( Rm 8, 26 -27 ).

          Le règne des cieux nous ressemble et pas seulement en tant que spectateurs, mais comme participants intimement liés à son drame dans l'Histoire et dans la réalité du monde, par la logique de la participation absolue du " levain" ( Mt 13, 33 ). Comme le pain qui fermente dans le silence et le calme de la nuit, sans faire trop de bruit, tout en se donnant en plénitude de vie, ainsi l'arbre sait pousser discrètement et sans déranger " semblable à une petite graine de moutarde " qui est " la plus petite de toutes les graines, mais une fois grandie, elle est plus grande que les autres plantes du lieu et devient un arbre où les oiseaux du ciel viennent faire leur nid dans ses branches " ( 13, 32 ). Le Seigneur semble nous dire que la chose la plus importante, celle qui fait vraiment la différence est ce que nous devenons et avons le courage de devenir et non pas ce que nous sommes au départ.

          Il s'agit du même mystère qui entoure la foi humaine, chétive et infinitésimale par rapport à celle, sans bornes, que nourrit Dieu pour l'homme, et les paraboles dont le Seigneur Jésus continue à instruire la foule et à sensibiliser les disciples sont une sorte d'école de confiance. Jean Chysostome commente : " Toutefois, je ne prends pas l'exemple du feu, mais du levain. Pouquoi ? Car, dans l'incendie, tout ne dépend pas du feu, mais aussi du bois incandescent, le levain, par contre fermente tout, uniquement par sa force intrinsèque. Alors, si douze hommes ont fermenté toute la terre....nous devrions pouvoir fermenter mille mondes "1. Pour cela, les serviteurs ne doivent pas se préoccuper de séparer rapidement et sans discernement, mais ils doivent demeurer dans cette confiance profonde qui ne permet jamais de désespérer, mais d'avoir toujours foi, en sachant prendre le temps nécessaire pour la croissance qui seule nous permet de bien différencier la mauvaise herbe afin que cela n'arrive pas que " nous arrachions aussi le bon grain" ( 14, 29 ) Ainsi, nous pouvons conclure, conquis par la douceur qui conclut la première lecture : " Par cette façon d'agir, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit aimer les hommes " ( Sg 12, 19 ).

Seigneur Jésus, tes paraboles sont comme un baume pour le coeur, une véritable et profonde bonne nouvelle d'amour infini de Dieu pour chacun de nous. Ainsi, la petite graine de moutarde et le grand arbre majestueux, les oiseaux dans les branches et le levain dans la  pain, nous parlent d'un Dieu qui embrasse notre humanité et nous demande seulement de nous laisser aimer, de croire, d'avoir confiance et de redonner ce que nous recevons gratuitement. Merci, Seigneur Jésus !

 

1. Jean Chrysostome , Homélie sur Mathieu, 46, 2 - 3.