Aujourd'hui, la parole

Mouvement
Saturday, 08 August 2020
   XIX Dimanche du T.O. ( 1 R 19, 9- 13 / Ps 84 / Rm 9, 1 - 5 / Mt 14, 22 - 33 )             Les lectures de ce dimanche nous donnent un peu le mal de mer ou, pour certains, le mal des montagnes....ou le mal des...

XV Dimanche du T.O.

( Is 55, 10 - 11 / Ps 64 / Rm 8, 18 - 23 / Mt 13, 1 - 23 )

 

          La parole de l'apôtre Paul nous conduit au coeur du mystère du monde qui, dans l'ensemble, est semblable , à travers le temps, à ces différents types de terrain dont nous parle le Seigneur Jésus dans l'une de ses paraboles. Oui, au coeur du monde et dans le coeur de chacun de nous, il y a " l'ardente attente de la création" qui est le " prolongement vers la révélation des fils de Dieu" ( Rm 8, 19 ). En réalité, ce que nous attendons, en communion souffrante avec toute la création, n'est que le reflet d'une attente encore plus ardente que la nôtre, celle de Dieu même qui se cache derrière le costume d'un simple et généreux " semeur" ( Mt 13, 3 ). Ce que nous pouvons admirer dans ce semeur est sa confiance qui l'enclin à répandre la semence tout en sachant que l'on ne peut pas espérer grand chose, si l'on n'est pas capable de risquer beaucoup. D'ailleurs, même la semence tombée sur la route pourra servir de nourriture aux oiseaux de même que celle étouffée par les ronces. En fait, en pourrissant, les détritus qui encombrent le terrain deviendront le terreau qui, à longue échéance pourra accueillir et même nourrir et faire pousser les graines qui tomberont demain ou après-demain.

          Dans le coeur du Seigneur Jésus, la double prophétie d'Isaïe est confirmée . Celle que nous trouvons dans la première lecture selon laquelle " la parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je désire, sans avoir accompli sa mission ( Is 55, 11 ). Mais, elle se confirme encore plus profondément dans les paroles et les gestes du Seigneur Jésus, à travers la prophétie qu'il cite à la question un peu embarassante de ses disciples : " puisque le coeur de ce peuple est devenu insensible, ils sont devenus durs d'oreille et ont fermé les yeux, car ils ne voient pas avec les yeux et n'écoutent pas avec les oreilles, ils ne comprennent pas avec le coeur " ( Mt 13, 15 ). Devant un tableau aussi sombre, qui semble évoquer et résumer les différents types de terrains inhospitaliers, la conclusion du prophète qui devient celle du Seigneur Jésus est étonnement claire et profondément apaisante : " ...qu'ils ne se convertissent et moi je les guérirai".

          A partir de cette citation évoquée par le Maître lui-même, nous pouvons vraiment penser que ce qui tient le plus à coeur au Seigneur Jésus, n'est pas le niveau de fertilité du terrain de notre coeur, mais la possibilité qu'il puisse être travaillé et fumé pour être prêt à accueillir et à faire fructifier la semence au temps voulu. Quand le Seigneur termine son explication, il dit que le grain " semé dans la bonne terre est celui qui écoute la Parole et la comprend " ( 13, 23 ). Il ne craint pas non plus de mettre les disciples qui l'écoutent face à leur responsabilité et à la conséquence de leur intimité avec le Seigneur : " Heureux vos yeux, car ils voient et vos oreilles, car elles écoutent" ( 13, 16 ). Nous pouvons conclure que la grande attente de toute notre vie consiste vraiment en un chemin de sensibilisation lent et décidé qui rend notre coeur toujours plus consentant. Pour tout ce qui en nous est encore signe d'insensibilité, il y a l'espérance que la divine patience et la largesse du semeur de vie nous " guérisse " petit à petit ( 13, 15 ). Nous pouvons donc dire que ce que le Seigneur attend de nous comme fruit, est la guérison de notre sensibilité.

Aujourd'hui, nous te rendons grâce, Seigneur pour la magnanimité de ce semeur et aussi pour la variété des terrains. Il ne nous appartient pas de pré-sélectionner nous-mêmes les bons et les mauvais comme ceux qui accueillent ou non la Parole. Notre terrain est ainsi : instable, incertain, pas toujours fécond et parfois épineux et endurci. Tu nous donnes l'espérance, Seigneur que le semeur continue à nous travailler, à passer et repasser jusqu'à ce que le socle de notre coeur soit ouvert et réceptif.