Aujourd'hui, la parole

Mouvement
Saturday, 08 August 2020
   XIX Dimanche du T.O. ( 1 R 19, 9- 13 / Ps 84 / Rm 9, 1 - 5 / Mt 14, 22 - 33 )             Les lectures de ce dimanche nous donnent un peu le mal de mer ou, pour certains, le mal des montagnes....ou le mal des...

XIII Dimanche du T.O.

( 2 R 4 passim / Ps 88  / Rm 6 passim / Mt 10, 37 - 42 )

 

          Le Seigneur Jésus s'adresse à nous en tant que disciples, et en même temps, il s'adresse à chacun de nous comme à ceux qui sont appelés à accueillir et à reconnaître ses disciples. La première lecture nous aide à comprendre que nous sommes appelés à ouvrir notre coeur et notre vie aux signes par lesquels le Seigneur nous visite. La femme de Sunam n'a aucun doute : " Je sais que celui qui s'arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu " ( 2 R 4, 9 ). Nous pourrions nous demander comment fait-on pour reconnaître " un homme de Dieu " et pour savoir avec certitude intime comment réagir avec un " saint " ? La Parole de Dieu nous oblige à une série d'examens de conscience à propos de notre attitude à reconnaître les signes et les personnes qui peuvent nous aider par leur seule présence " pour marcher vers une vie nouvelle " ( Rm 6, 4 )......nous en avons besoin ! Cette femme de Sunam est la belle icône de toute personne capable de ne pas se replier mélancoliquement , mais de rester attentive et ouverte à de nouveaux passages possibles et porteurs de signes. Le plus grand don que la femme de Sunam peut faire au prophète est celui de préparer pour lui " une petite chambre à l'étage du haut " ( 2 R 4, 10 - Mc 14, 19 ), ainsi son accueil ne perturbera pas sa solitude et la si délicate sensibilité humaine ne mélangera pas les étages, mais les tiendra - clairement et utilement - distincts.

          L'invitation du Seigneur n'est-elle pas également du même ton ? En effet, il dit : " Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi " ( Mt 10, 37 ), dans le sens précis où le plus grand malheur qui puisse arriver est justement de mélanger les étages et même - alors - de les inverser en oubliant que ce n'est pas le degré de souffrance qui fait le martyre mais bien la " cause " ( Mt 10, 39 ). La " croix " ( Mt 10, 38 ) - et chacun a la sienne - est impossible à céder ou à décharger sur les épaules des autres. Il faut savoir reconnaître et distinguer le " juste ", le " prophète ", les " petits " ( Mt 10, 12 ) et le disciple ; savoir donner le juste poids au père, à la mère, au fils, à la fille.....en ordonnant et proportionnant tous les éléments fondamentaux de notre vie affective autour de l'axe d'orientation qui est la croix. La croix comme figure de ce qui rend la vie digne du Christ et de son évangile : mourir à son besoin personnel d'être aimé , pour le transformer en désir d'aimer à travers l'ouverture vers une rupture instauratrice d'une méthode radicalement nouvelle, une méthode qui  se souvient que " qui aura perdu sa vie à cause de moi, la trouvera " ( Mt 10, 39 ).

          Seul ce nouvel ordre de valeur et de priorité : - perdre - garantit que " nous sommes morts avec le Christ et que nous vivrons aussi avec Lui " ( Rm 6, 8 ). Seule cette mort à nos attentes sur l'amour pourra nous ouvrir à une fécondité inespérée : " l'année prochaine, en cette même saison, tu tiendras dans tes bras, un fils " ( 2 R 4, 16 ). Par cette Parole de promesse et d'espérance, le prophète ressemble en tout au Seigneur ( Gn 18, 10 ) car il est totalement conforme à son coeur, infiniment attentif au désir et au besoin de l'autre. Aimer plus ne peut qu'être le fruit d'une capacité croissante d'aimer mieux, plus amplement, et donc à toujours plus grande distance. Quoi de plus et de meilleur que de recevoir " seulement un verre d'eau fraîche " ( Mt 10, 42 ) lorsqu'on est vraiment assoiffé ? Quoi de plus vrai, pouvons-nous nous offrir mutuellement quand nous avons vraiment besoin de vie jusqu'à savoir la donner réciproquement ?