Aujourd'hui, la parole

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Saturday, 19 September 2020
XXV Dimanche du T.O. ( Is 55, 6 - 9 / Ps 144 / Ph 1, 20 c - 27 a / Mt 20; 1 - 16 )           La question que le Maître de la parabole pose à ses ouvriers mécontents et récriminants résonne ainsi : " N'as-tu pas...

VI Dimanche de Pâques

( Ac, 8, 5 - 8. 14 - 17 / Ps 65 /1 P 3, 15 - 18 / Jn 14, 15 - 21 )

 

          Les dernières paroles de l'évangile nous désignent comme disciples au fil du temps, à cheval entre une magnifique projection  vers le passé le futur et le présent : " Celui qui m'aime, sera aimé de mon Père, et moi aussi je l'aimerai et je me manifesterai à lui " ( Jn 14, 21 ). Le temps que nous vivons est celui où chacun de nous est appelé à vivre avec en mémoire une continuelle ouverture vers un futur qui est celui de la présence et de la promesse de Dieu, une promesse qui donne à notre vie consistance et vérité. Toutefois, nous sommes, sans doute, nous aussi, au niveau de notre évolution spirituelle, qui est encore incomplète, dans les mêmes conditions que ceux qui étaient devenus croyants en Samarie, bien que " l'Esprit Saint n'était descendu sur aucun d'entr'eux " ( Ac 8, 15 ). Il est clair, qu'avec les sacrements de l'initiation chrétienne, en tant que don du souffle de vie reçu au moment de notre naissance, l'Esprit de Dieu plane sur nos existences et anime notre vie de croyants. Malgré tout, ce don de présence intime et fortifiant de Dieu dans notre vie  est encore toujours à recevoir entièrement dans le sens que son oeuvre d'animation de l'espérance dans le tissu de nos vies n'est jamais complètement accomplie. Comme l'explique un Père de l'Eglise : " Le don qu'est le Christ est donné entièrement à tous. Il est donc partout à notre disposition et il nous est concédé dans la mesure où nous voudrons l'accueillir. Il demeurera en nous jusqu'à la fin du monde : c'est la consolation de notre attente, l'engagement de l'espérance dans la future réalisation de ses dons, c'est la lumière de nos pensées, la splendeur de nos âmes " 1.

          C'est la présence de l'Esprit en nous qui nous rend capables de mettre en pratique l'exhortation de l'apôtre Pierre : " Adorez le Seigneur, Christ dans vos coeurs, soyez prêts à tout moment à présenter une défense à quiconque vous demande de rendre raison de l'espérance qui est en vous " ( 1 P 3, 15 ). C' est comme si notre vie de foi était appelée à vivre continuellement en suspension et, en même temps, dans l'ascension des coordonnées temporelles : c'est dans la mémoire du futur que nous atteignons la force de vivre le présent avec sérénité et responsabilité. Et encore : c'est l'attente de quelque chose qui nous attend et nous précède qui nous donne  l'imagination d'une fidélité à l'histoire qui pourtant ne s'identifie jamais avec ce que nous sommes appelés ponctuellement à vivre. La promesse du Seigneur Jésus n'est pas une simple consolation, elle est plutôt une orientation vers laquelle nous sommes délivrés de nous-mêmes, de notre tentation de nous replier sur le pas que nous sommes entrain d'accomplir pour l'insérer, au contraire, dans un cheminement bien plus ample : " Je ne vous laisse pas orphelins : je viendrai vers vous " ( Jn 14, 18 ). La promesse du Seigneur Jésus qui nous assure du fait qu'il vient à notre rencontre, permet à notre vie d'aller vraiment à sa rencontre à travers la fidélité aux petites et grandes réalités du quotidien. Ce dynamisme devient partie intégrante du futur de Dieu, qui est l'unique présent digne d'être vécu. Tout cela est, non seulement pensable et désirable, mais aussi concrètement vivable et perceptible à une condition qui n'est pas vraiment une condition, mais plutôt une respiration : " Si vous m'aimez..." ( 14, 15 ).

          A toi qui nous précèdes, et nous attends, à toi, Seigneur qui viens à notre rencontre et nous promets de rester avec nous.....à toi qui colores d'éternité les gestes simples de chaque jour....à toi qui es la respiration et la vie-même de notre vie, nous rendons grâce, aujourd'hui et toujours, alleluia !

 

1 Hilaire de Poitiers : Traité sur la Trinité 2, 35