Aujourd'hui, la parole

Mouvement
Saturday, 08 August 2020
   XIX Dimanche du T.O. ( 1 R 19, 9- 13 / Ps 84 / Rm 9, 1 - 5 / Mt 14, 22 - 33 )             Les lectures de ce dimanche nous donnent un peu le mal de mer ou, pour certains, le mal des montagnes....ou le mal des...

Prèsentation du Seigneur

( Mal 3, 1-4 / Ps 23 / Heb 2, 14-18 / Lc 2, 22-40 )

          

          La journée liturgique se termine toujours par le cantique de Siméon dont les paroles voudraient nous accompagner à la fin de chaque jour comme à la fin de notre vie : " Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix..." ( Lc 2, 29 ). Alors que nous accompagnons avec des lumignons et des bougies l'entrée du Verbe fait chair qui est présenté au Temple par ses jeunes parents, nous sommes animés intérieurement d'une profonde gratitude pour avoir été illuminés par sa présence qui nous donne la paix.

          La liturgie byzantine qui aime particulièrement cette fête, chante ainsi en ces jours si lumineux : " Orne ta chambre à coucher ô Sion et accueille le Christ Roi , il embrasse Marie, la porte céleste, car elle est devenue le trône des chérubins ; elle porte le roi de gloire  ; la Vierge est nimbée de lumière car elle porte en sa chair le Fils qui est la première étoile du matin" ( Anthologion I p. 1424 ). L'on pourrait dire que la Mère du Seigneur introduit dans le Temple de Jérusalem la Lumière dont il a besoin pour resplendir dans toute sa beauté et ceci est également valable pour notre âme, notre vie et même notre corps appelé à devenir " temple de Dieu" ( 1 Cor 3, 16 ). Tout cela est possible par le mystère de l'Incarnation dont la célébration annuelle se termine aujourd'hui - après quarante jours - par la fête dont l'auteur de la Lettre aux Hébreux nous fait percevoir toute la richesse lorsqu'il dit qu'il " devrait ressembler en tout aux frères, pour devenir un grand - prêtre miséricordieux et digne de foi dans les relations avec Dieu ( Heb 2, 17 ).

          Alors que nous accueillons la Lumière en lui faisant un cortège avec les lumignons et les bougies que nous tenons entre nos mains, nous voulons laisser toujours plus de place à cette splendeur divine qui veut orner, illuminer et réchauffer notre vie afin qu'elle soit un témoignage silencieux mais efficace d'un " salut " ( Lc 2, 30 ) toujours possible et offert comme don à tous. Nous aussi nous sommes appelés à devenir comme Marie, comme Siméon dont les bras sont le " trône" ( P. 1425 ) de ce que le prophète annonce comme "l' ange de l'alliance que vous désirez" ( Mal 3, 1 ). Malgré son âge avancé, les pas de Siméon se font rapides sous l'impulsion de l'Esprit Saint qui en anime la vie et en illumine les choix. En regardant l'amoureuse démarche de ce vieillard qui va à la rencontre de cette jeune famille, nous pouvons nous demander si nous soupirons nous aussi après quelque chose dans notre existence ou si nous nous sommes habitués à la nuit, privée même des étoiles de l'espérance et du désir. Cet enfant dont nous avons respiré le parfum avec les bergers et dont nous avons adoré la douce mais solide vigueur avec les Mages, dans la solennité de l'Epiphanie, nous embrasse aujourd'hui, le premier, et se redonne ensuite comme un rayon de lumière qui peut tout risquer pour éclairer une promesse nouvelle qui déchire la nuit d'un futile accomplissement de nous-mêmes, pour nous ouvrir vers de nouveaux horizons et de nouvelles lumières.