Aujourd'hui, la parole

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Saturday, 25 January 2020
III Dimanche du T.O. ( Is 8, 23b - 9, 3 / Ps 26 / 1 Cor 1, 10-13.17 / Mt 4,12-23 )              Il ne s'est pas passé beaucoup de temps depuis la célébration du mystère de Noël et nous portons encore dans le coeur...

EPIPHANIE DU SEIGNEUR

( Is 60, 1 - 6 / Ps 71 / Eph 3, 2 - 3. 5 - 6 / Mt 2, 1 - 12 )

 

           A l'Epiphanie du Seigneur, nous contemplons la révélation, non seulement des prodiges anciens, mais aussi l'accomplissement des prophéties les plus songeuses comme celle du prophète Isaïe qui dit : " Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton aurore" ( Is 60, 3 ). Le même prophète imagine " un banquet pour tous les peuples" ( Is 25, 6 ) et à la lumière des promesses messianiques, l'on peut vraiment dire que l'Epiphanie est essentiellement le mystère de la transmission du don de la grâce qui advient entre personnes qui se " font signe" et s'entendent à travers les situations de leur pélerinage par leur recherche amoureuse de la vérité dans la vie . Une manière d'être au monde qui peut changer le monde, mais dont - comme cela arrive pour le roi Hérode - l'on peut être exclu si l'on n'accepte pas d'entrer dans une logique de confiance et d'accueil véritable et ouvert sur chaque horizon. Les Mages peuvent vraiment être admis au nombre des " coeurs purs" qui " verront Dieu" ( Mat 5, 6 ) et, en effet, arrivés à Jérusalem et envoyés chez Hérode, ils eurent le grand privilège, à Bethléem, de " voir l'étoile" ( 2, 9 ), qu'ils avaient suivie de loin, pour la voir de près - le plus près possible - comme l'on peut le faire avec " un enfant" sans défense. Célébrer en Eglise la solennité de l'Epiphanie signifie faire mémoire de la grâce d'avoir été accueilli dans le mystère du peuple de Dieu, même  en provenance des nations hors d'Israël, tout en réaffirmant la volonté et le désir de tenir la porte de l'Eglise ouverte pour qu'elle ressemble toujours plus à cette " maison" ( 2, 11 ) où les Mages pourront entrer sans frapper et où ils pourront librement ouvrir " leurs coffrets". Leone Magno fait le commentaire suivant : " Nous célébrons dans la joie de l'Esprit le début de l'appel à la foi pour toutes les nations. Nous le savons, cela a été réalisé quand les trois Mages, appelés de leurs pays lointains, furent conduits par une étoile pour connaître et adorer le roi du ciel et de la terre "1. L' évangéliste Mathieu ne nous raconte aucune réaction de la part de l'Enfant Jésus, ni de ses jeunes et modestes parents, face à " l'or, l'encens et la myrrhe". Au silence des Mages et à leur offrande généreuse répond le silence et tout autant l'accueil d'adoration de la sainte famille et, d'une façon toute particulière, du Verbe fait chair : aucune interrogation, aucune demande d'explication, aucun besoin de retenir. Les Mages ont dû apprendre beaucoup des étoiles " qui brillent de joie" et répondent toujours " nous voici" ( Bar 3, 35 ), c'est pour cela que " avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils s'en retournèrent dans leurs pays par une autre route" ( Mt 2, 12 ). Maintenant, c'est à notre tour, d'apprendre des Mages et de l'Enfant le tempérament de l'étoile : ne pas se laisser fasciner comme Hérode par nos " étoiles" et ne pas, non plus, chercher à aveugler le monde avec des lumières éblouissantes. Au lieu d'illuminer avec une clarté que nous n'avons pas encore, cherchons en vérité, ensemble avec tous ceux qui, comme nous, veulent se prépare à partir en voyage. Qui sait, quelqu'un est peut-être déjà parti avant nous " ayant vu pointer son étoile" avant nous  ( 2, 2 ). Souvent, l'on voit mieu de loin....ou du moins l'on voit plus que d'un palais " troublé" ( 2, 12 ). N'oublions pas qu'il y a toujours " une autre route" ( 2, 12 ) qui fuit loin d'Hérode, mais qui n'est pas inconnue de " l'étoile", même de loin.

 

1. Leone Magno : Homélie pour l'épiphanie,3