Aujourd'hui, la parole

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Saturday, 25 January 2020
III Dimanche du T.O. ( Is 8, 23b - 9, 3 / Ps 26 / 1 Cor 1, 10-13.17 / Mt 4,12-23 )              Il ne s'est pas passé beaucoup de temps depuis la célébration du mystère de Noël et nous portons encore dans le coeur...

Mère De Dieu

( Nb 6, 22 - 27 / Ps 66 / Gal 4, 4 - 7 / Lc 16 - 21 )

 

          Chaque année - à diverses dates - les peuples ressentent le besoin de célébrer le début de l'année où l'on se souhaite réciproquement tout le bien possible de vivre dans la sérénité et la paicx. Ceci est justement valable pour nous aussi, en commençant l'année nouvelle, nous professons les plus grandes promesses et les meilleurs souhaits d'espérance. Et, c'est juste au moment où nous déposons sur l'autel les offrandes qui deviendront notre nourriture spirituelle en recevant le Corps et le Sang du Christ, comme viatique pour notre vie de pélerins dans le temps, que nous prions avec toute l'Eglise : " O Dieu, dans ta providence, donne à tout bien qui est au monde, le début et l'accomplissement, fais-en les prémices de ton amour miséricordieux pour en goûter les fruits avec bonheur" ( oraison sur les offrandes ). En nous souhaitant les uns aux autres " Bonne année ! " , nous ne voulons rien faire d'autre que d'espérer les uns pour les autres que le temps qui nous est donné puisse être  une occasion renouvelée, non seulement pour vivre " heureusement", mais - encore plus profondément - pour apprendre à vivre  " heureusement" la vie qui nous est offerte dans sa complexité et son ambiguïté, si constrastante dans ses éléments, et de le faire toujours plus " heureusement" , avec la capacité de médiation et d'harmonisation à travers les oppositions. Pour cela, l'Eglise nous offre en lecture le texte du Livre des Nombres où il nous est rapplé la manière de " bénir" ( Nb 6, 23 ). La formule de la bénédiction sacerdotale qui accompagne , en Israël, les moments les plus significatifs de la vie du peuple, n'est pas simplement une sorte d'amulette, mais c'est comme un tamis à travers lequel tombe la semence d'une autre dimension de la vie dans l'espérance qu'elle porte du fruit et du fruit en abondance ! " Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur fasse resplendir sur toi son visage et qu'Il te fasse grâce. Que le Seigneur tourne vers toi son visage et qu'Il te donne la paix". ( 6, 24 - 26 ). Ce visage prend aujourd'hui les traits précis et aimables de cet " enfant couché dans une mangeoire" ( Lc 2, 16 ) qui illumine par son sourire la grotte de Béthléem où se reflète  et se condense, en quelque sorte, chaque lien d'humanité capable d'accueillir et de porter la vie. Le texte des Nombres continue et conclut : " Ainsi les Israélites invoqueront mon nom et je les bénirai" ( Nb 6, 27 ). Ce nom n'est plus imprononçable, mais, c'est, au contraire, le doux nom de " Jésus", comme il fut appelé par l'ange avant sa conception ( Lc 2, 21 ). Le visage et le nom du Seigneur Jésus nous sont donnés le premier jour de l'année nouvelle qui, dans les pays qui suivent le calendrier grégorien - entré en vigueur le 15 octobre 1582 - coïncide avec l'octave de la naissance du Seigneur et avec le mystère de sa circoncison " huit jours" après sa naissance. C'est comme si la Liturgie voulait nous prendre par la main et nous aider à entrer dans le mystère du temps qui s'en va vers l'accomplissement de notre espérance et de notre cheminement en faisant ressentir pour nous et avec nous la présence réconfortante du Seigneur dans notre vie pleine bénédictions et d'humilité, celle d'un " enfant" d'à peine " huit jours". Chaque nouvelle année est comme un enfant qui s'ouvre totalement au futur en renouvelant profondément l'espérance d'un temps qui puisse être une occasion de croissance et d'amélioration pour notre conversion. En recevant et en accueillant le don d'un temps nouveau pour notre conversion au mystère de la vie qui exige une conformité toujours plus grande à " l'auteur de la vie " ( Collecte ), nous pouvons faire nôtres les paroles du vigneron de l'Evangile : " Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bèche et mette de l'engrais ; nous verrons s'il porte du fruit " ( Lc 13, 7 - 8 ). Parmi tous les fruits que nous pouvons désirer et espérer en cette nouvelle année, il y en a deux qui, en réalité n'en sont qu'un seul. L'apôtre l'exprime de façon forte dans la seconde lecture, alors qu'il médite sur la " plénitude du temps" ( Ga 4, 4 ) où  " Dieu envoya son Fils, né d'une femme, soumis à la Loi de Moïse afin de racheter ceux qui étaient sous la Loi ", il précise, à la fin, " pour que nous soyons adoptés comme fils" ( Ga 4, 5 ). Commencer l'année nouvelle sous le signe de " l'enfant" ( Lc 2, 16 ) et de sa mère, signifie ne pas avoir d'autre désir pour notre vie que de devenir toujours plus et toujours mieux des" fils" et non plus des " esclaves"' ( Ga 4, 7 ).