Aujourd'hui, la parole

Habiter
Saturday, 25 January 2020
III Dimanche du T.O. ( Is 8, 23b - 9, 3 / Ps 26 / 1 Cor 1, 10-13.17 / Mt 4,12-23 )              Il ne s'est pas passé beaucoup de temps depuis la célébration du mystère de Noël et nous portons encore dans le coeur...

NATIVITE DU SEIGNEUR

(  Is 52, 7 - 10 / Ps 97 / He 1, 1 - 16 / Jn 1, 1 - 18 )

 

   Le choix des lectures que la Liturgie propose pour les quatre messes de la Nativité du Seigneur - Vigile, Nuit, Aurore, Jour - ne sont pas simplement des formulaires que l'on peut choisir selon son propre plaisir, mais, représentent une sorte de regard mystique qui depuis l'Histoire - la généalogie selon Mathieu lue à la Vigile - conduit jusqu'à ce que nos frères orientaux appellent la Meta-Histoire : l'on y contemple la racine du tronc où germe Jésus de Nazareth et l'on s'arrête sur le lieu et le contexte historique où la lumière de sa présence fit irruption dans l'Histoire de l'humanité, " sous Quirinius" ( Lc 2, 2 ). Tout le mystère est revisité " à travers" le regard des pauvres " bergers qui veillaient toute la nuit en gardant leur troupeau". En plein milieu de ce Jour Saint, notre oeil est invité - après s'être écarquillé sur le spectacle émouvant d'un " enfant emmailloté et couché dans une mangeoire - à s'élever et faire face à un autre point de vue : celui de l'autre, celui de Dieu lui-même qui, de nombreuses fois et de différentes façons, dans les temps anciens, avait parlé aux Pères, par l'intermédiaire des prophètes, et récemment, en ces jours, il nous a parlé par l'intermédiaire du Fils . ( He 1, 1 - 12 ) Ce Fils que nous contemplons dans les bras de Marie, comme l'un de nous est " le Verbe" qui " était près de Dieu et qui est Dieu" ( Jn 1, 1 ). L'évangéliste qui, à la fin de son texte, devra reconnaître avoir laisser de côté tant de choses concernant Jésus, car " si elles avaient été écrites...." (  Jn 21, 25 ), n'hésite pas dans le premier verset de son Evangile à nous dire tout ce que nous devons savoir et que nous ne devons pas oublier : l'incarnation n'est pas une plaisanterie, mais c'est quelque chose où Dieu s'est investi entièrement et sans retour. Au-delà de toute forme où l'intervention de Dieu a été attendue dans le cours de l'Histoire du peuple de la promesse, et, à l'improviste, au coeur des promesses autour desquelles tous les désirs des hommes et des peuples se sont organisés, cette intervention de Dieu est tellement totale, qu'elle ne peut que susciter l'admiration et l'incontenable exultation : " Eclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il a racheté Jérusalem" ( Is 52, 9 ). La grande annonce qui rend " beaux les pas du messager sur les montagnes" ( Is 52, 7 ), est ce que contient le coeur du prologue de Jean : " Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous et nous avons contemplé sa gloire, gloire du Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité" ( Jn 1, 14 ). Après avoir dit cela, il n'ya plus beaucoup à voir, mais, à accueillir, le coeur ouvert.