Aujourd'hui, la parole

Au milieu
Saturday, 16 November 2019
XXXIII DIMANCHE T.O. ( Ml   3, 19 - 20 / Ps 97 / 2 Th 3, 7 - 12 / Lc 21, 5, 19 )             Les paroles avec lesquelles le Seigneur nous accompagne vers la fin de cette année liturgique peuvent étonner, mais en...

XXIX Dimanche du T.O.

( Ex 17, 8 - 15 / Ps 120 / 2 Th 3, 14 - 4,2 / Lc 18, 1 - 8 )

 

          La liturgie de la Parole de ce dimanche exhorte de façon assez décisive : " en ces jours, le peuple d'Israël marchait à travers le désert. Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Rephidim" ( Ex 17, 8 ). Il faut se rappeler que selon la Généalogie ( cf Gn 36 ), Amalek provient de l'ascendance d'Esaü, lié donc aux Edonites avec qui il partage d'innombrables années d'inimitié avec Jacob. Le lieu de la confrontation avec Josué ( Ex 17, 8 ) est Rephidim dont l'éthymologie signifie - raphal + yadim - : avoir les mains faibles. La Mekhiltà indique un " relachement des mains" et rappelle ainsi que l'Adversaire apparaît lors d'un relachement. Au contraire, la prière, selon la Parole du Seigneur Jésus - dans l'évangile - est une " nécessité " qui exige un bon entraînement dans la persévérance " sans jamais se fatiguer" ( Lc 18, 1 ). La parole de la " veuve" qui continue à importuner le juge, est une parabole qui parle de cette capacité de la prière : une prière capable de plier et rectifier le cours de l'Histoire, éliminant l'emprise du mal, tout juste comme lors d'un combat qui n'accepte aucune espèce de relachement. Retournons ainsi aux temps d'Amalek quand Moïse ne baissait pas les bras pendant que Josué combattait dans la vallée. Selon la sagesse de la Tradition, la guerre contre l'ennemi de Dieu existera toujours dans l'Histoire et " seule la puissance de qui a ouvert la mer par le bâton de Moïse, peut garantir la victoire"1.

          La lutte contre la face de l'ennemi de Dieu est faite avec persévérance et sans se rendre. Il faut persévérer assidument dans la poursuite de ce que nous sentons être un bien nécessaire non seulement pour notre vie, mais - avant tout - quand ce bien concerne la vie et le bonheur des autres. L'apôtre Paul se place dans la même ligne de l'Exode et dans la même perspective que ce chemin que le Seigneur Jésus accomplit, avec une ferme décision, vers Jérusalem: " reste solide en ce que tu as appris et que tu crois fermement" ( 2 Tm 3, 14 ). Il n'est pas rare que, penser à la prière corresponde à imaginer une certaine démission face à la vie et à l'Histoire. Au contraire, la prière est une façon profonde de projeter et de préparer au mieux tous les pas que nous sommes nécessairement appelés à accomplir dans la vie et dans l'Histoire, afin qu'ils soient authentiques et durables.

           Il y a dans la conclusion de la parabole, une remarque assez significative pour son interprétation : le Seigneur Jésus fait appel à deux questions et non à deux affirmations, indiquant presque que la prière - avant d'être une réponse immédiate - est une interrogation qui interpelle l'intérêt de notre expérience humaine, une expérience perçue et vécue à son plus haut sommet d'expansion dans sa relation à Dieu. Le Seigneur Jésus conclut ainsi : " Et Dieu ne rendrait pas justice à ses élus qui crient jour et nuit vers Lui ? " Et, comme si cela ne suffisait pas, il y a un autre point d'interrogation : " Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ?" ( Lc 18, 7 - 8 ) La prière ne consiste pas en de belles paroles ou de beaux sentiments, mais dans la capacité de persévérer dans les batailles de la vie, même lorsque nous nous sentons terriblement seuls.....et Dieu sera à nos côtés, sans jamais se substituer à nous, afin de nous permettre de goûter à l'honneur du combat et à la joie de vaincre.

Seigneur Jésus, aujourd'hui la route est âpre, sans ombre ni consolation et les heures sont parsemées de bataille contre un ennemi menaçant et fort. Mais notre coeur sait que tu es à nos côtés, rends nos mains solides, notre volonté de combattre le mal forte, notre pière persévérante afin que nos mains soient lumière et vie, chaleur serrant d'autres mains, et mets tes petits toujours à l'abri .Par ta grâce, Seigneur !

 

1. E. BIANCHI, Lontano da chi?, Gribaudi, p. 203