Aujourd'hui, la parole

Au milieu
Saturday, 16 November 2019
XXXIII DIMANCHE T.O. ( Ml   3, 19 - 20 / Ps 97 / 2 Th 3, 7 - 12 / Lc 21, 5, 19 )             Les paroles avec lesquelles le Seigneur nous accompagne vers la fin de cette année liturgique peuvent étonner, mais en...

XXV Dimanche du T.O.

( Am 8, 4 - 7 / Ps 112 / 1 Tm 2, 1 - 8 / Lc 16, 1 - 13 )

 

          Comment interpréter cette étrange parabole où l'on loue un " administrateur malhonnête" ( Lc 16, 8 ), tout en tenant compte de la recommandation de l'apôtre - dans la seconde lecture - qui demande de prier : " en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute" ( 1 Tm 2, 8 ) ? En relisant cette parabole, il semblerait que les " mains" de celui-ci soient plus disposées à " dilapider" ( Lc 16, 1 ) les biens qui, en plus ne sont pas à lui, mais lui ont été confiés avec une confiance qui semblerait excessive et mal placée. Et, pourtant, à la fin, le " patron" fait l'éloge de son serviteur car " il avait agi avec habileté" ( Lc 16, 8 ). Il est naturel de se demander ce qu'il y a en fait à admirer dans l'attitude de cet administrateur avec lequel nous sommes enclin à nous comparer. Mais une telle approche risque d'être erronée ou du moins hors sujet  : car le vrai protagoniste de la parabole - comme nous l'avions récemment souligné dimanche dernier en relisant la parabole appelée " du fils prodigue " - n'est pas l'administrateur, mais le " patron". Toute notre admiration doit vraiment se tourner vers cette capacité qu'à le patron d'admirer la créativité de son serviteur, même quand il profite de sa position et utilise à son avantage des biens qui ne sont pas à lui" ( Lc 16, 1 ). Seul un patron aussi " riche " ( Eph 2, 4. Jc 5, 11 ) peut se permettre d'être aussi prodigue pour préférer l'admiration de la sournoiserie créative de son administrateur, plutôt que la légère envie de ceux qui l'avaient " accusé devant lui" ( Lc 16, 1 ).

          Le Seigneur Jésus ne nous invite certainement pas à " dilapider", encore moins à agir de façon malhonnête, mais il veut que nous puissions "vivre une vie calme , tranquille et digne, dédiée à Dieu". Comme l'explique l'apôtre : " ceci est une bonne chose agréable à Dieu, notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés" ( 1 Tm 2, 2 - 4 ), mais tout cela ne peut se perpétuer qu'avec tenacité, audace et résolution. La question est urgente : comment discerner si nous agissons en " fils de ce monde" ou comme " fils de la lumière" ( Lc 16, 8 ) ? Une réponse et un critère possibles nous sont offerts de la part du prophète Amos, dans la première lecture : à partir de la mesure de notre attachement aux " pauvres" et aux " humbles" ( Am 8, 4 ). Si nous acceptons de faire de ces derniers nos " amis" ( Lc 16, 9 ), ils nous accueilleront dans les " demeures éternelles" en nous laissant un espace, dès maintenant, dans leur vie.

          La parole de Dieu nous invite à considérer qu'il n'y a aucune circonstance qui ne peut accepter et accueillir l'annonce d'une grâce possible......même lorsque l'on tombe en disgrâce. Pour autant, pour que cela soit possible, il est nécessaire d'avoir un coeur humble, soumis et - en même temps  - créatif et opportuniste : la clarification est aussi une parole de Dieu qui nous est adressée et qui exige une réponse de notre part. L'important est ce qui plaît au " patron" et qu'il y ait des administrateurs et non des administrés, de potentiels amis et non de tristes bureaucrates et pathétiques fonctionnaires, même pour les affaires de Dieu. Tout, dans la vie, est une opportunité ! Même l'argent peut servir et devenir aussi un symbole d'amour. Loin d'une paupérisation sentimentale, le Seigneur invite toujours à la même et seule direction : l'amour comme partage. Il y a un rapport - que nous n'osons pas vraiment formuler - entre notre façon d'utiliser " le peu" ( 16 ) qui représente, en général, nos possibilités matérielles, mais aussi la " grande affaire" qui est notre vie en Dieu et avec ses " amis". Le Seigneur Jésus veut que nous rougissions de honte face à notre indolence et manque d'audace, comparativement à la passion et la sournoiserie des " fils de ce monde" ( 16, 8 ) qui - trop souvent - nous dépassent en générosité et professionalisme.

Seigneur Jésus, rends-nous capables de nous laisser porter par le grand fleuve de la vie, sans nous enliser, mais en laissant resplendir au mieux chacune de nos ressources de créativité, d'audace et de courage. Fais que nous sachions accueillir et accepter l'ambiguïté que la vie porte avec elle et que nous l'éclairions à nouveau , non en nous fiant à nos actions, mais à ton infinie miséricorde et dans l'accueil et le partage du chemin avec nos frères.