Aujourd'hui, la parole

Combattre
Saturday, 19 October 2019
XXIX Dimanche du T.O. ( Ex 17, 8 - 15 / Ps 120 / 2 Th 3, 14 - 4,2 / Lc 18, 1 - 8 )             La liturgie de la Parole de ce dimanche exhorte de façon assez décisive : " en ces jours, le peuple d'Israël...

XXIV Dimanche du T.O.

( Ex 32 passim / Ps 50 / 1 Rm 1, 12 - 17 / Lc 15, 1 - 32 )

 

          Un poème de Charles Peguy parcourt les paraboles de Luc que la Liturgie de ce dimanche nous fait ré-écouter, avec une émotion nouvelle, il les relit comme un miracle : le plus grand des miracles , le prodige inimaginable et désirable d'un Dieu qui commence toujours en premier à ouvrir la porte de l'amour de la miséricorde et de l'accueil. Au coeur de notre foi fondée sur le mystère pascal du Christ, il y a une révolution non encore reçue et qui, sans doute, n'est jamais totalement réceptive. La conscience de l'apôtre exprimée par ces mots solennels et sincères : " le premier des pécheurs, c'est moi" ( 1 Rm 1, 15 ) perd toute son importance et son poids face à la réaction de ce père dont parle le Seigneur Jésus et en qui, nous reconnaissons, sans équivoque, le visage de son Père. Quel père, en réalité, n'écoute pas le discours de son fils ; il l'interrompt en plein milieu, dans l'urgence et la joie de pouvoir finalement laisser libre court à la joie débordante de son coeur en l'exprimant sans crainte de blesser la liberté de ce fils tant attendu : " vite..." ( Lc 15, 22 ).

          L' amour est toujours animé par une urgence que la loi et sa longue nomenclature ne connaît pas ! Normalement et par certains aspects  cela semble juste - lorsque nous sommes offensés, nous sommes concentrés sur la douleur qui nous a été infligée " ...vraiment à moi.... ? ! " Le Seigneur, au contraire semble toujours préoccupé par le mal que nous nous faisons en nous séparant de son amour et par les dangers que nous pouvons courir quand nous nous isolons  loin de Lui, comme une brebis capricieuse ou comme un jeune curieux , avec raison, de la vie mais qui risque toujours de se perdre dans les chemins difficiles de son coeur. S'il est vrai que les deux premières paraboles préparent la troisième, bien plus longue, il faut également souligner que celle-ci va bien au-delà des deux autres. Le berger qui va à la recherche de la brebis perdue et la reconduit à la bergerie, comme la femme qui perd sa pièce de monnaie et n'est pas en paix tant qu'elle ne la retrouve, ces deux paraboles font ressortir encore davantage l'insurmontable attachement du Père.

          De cette façon se révèle dans toute son incommensurable grandeur,l'attente silencieuse, et apparemment sans repos du père des deux fils. A première vue, l'on aurait même pu penser - et nous l'avons peut-être fait - que le père partageait totalement les sentiments du fils aîné qui a du mal à nommer son frère et qui, sur un ton de reproche a le courage de l'appeler " ton fils" ( 15, 30 ), mais l'épilogue divise le père et le fils aîné par une distance incommensurable. Non seulement la Liturgie nous offre trois paraboles pour nous faire découvrir combien notre Dieu est énormément miséricordieux - comme elle nous fait découvrir Moïse qui donne l'illusion au Très-Haut d'être meilleur que Lui pour le mettre à l'épreuve : " Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple que tu as fait sortir du pays d'Egypte par ta grande force et ta main puissante ?" ( Ex 32, 12 ) maisparce que son amour dépasse chaque justice. Les trois paraboles ne se contentent pas de répéter, mais entendent bien radicaliser ultérieurement le message de miséricorde déjà révélé à Moïse sur le Sinaï et elles le font jusqu'à laisser une question ouverte - sans doute la plus cruciale - du moins pour l'expérience de Paul - quel sera, à la fin le choix du fils aîné.......quel sera, en fin de compte notre choix entre la justice et la miséricorde. Ceci, au fond, est la question qui reste ouverte.

Seigneur Jésus, nous contemplons aujourd'hui, et nous écoutons avec un coeur béant la divine symphonie de ton amour de Père miséricordieux : l'attente silencieuse, l'urgence de nous rassembler, le dépassement en festoyant, l'immense embrassement de chacune de nos attentes de pardon. Seigneur, ta miséricorde nous réchauffe et nous réanime comme un soleil majestueux et splendide ! Merci aujourd'hui et pour toujours, merci, Seigneur !