Aujourd'hui, la parole

Au milieu
Saturday, 16 November 2019
XXXIII DIMANCHE T.O. ( Ml   3, 19 - 20 / Ps 97 / 2 Th 3, 7 - 12 / Lc 21, 5, 19 )             Les paroles avec lesquelles le Seigneur nous accompagne vers la fin de cette année liturgique peuvent étonner, mais en...

XIX Dimanche du T.O.

( Sag 18, 3. 6 - 9 / Ps 32 / He 11, passim / Lc 12, 32 - 48 )

 

          Nous sommes comme des enfants à qui l'on a fait une promesse et qui attendent le retour de la maman ou du papa pour découvrir concrètement de quel cadeau il s'agit. La seule chose que les enfants - à qui l'on a promis un cadeau - n'arrivent pas à penser - même si pendant l'attente, ils tombent de sommeil - est que le papa ne revienne pas et que la promesse puisse être en réalité une plaisanterie : " soyez semblables à ceux qui attendent leur Maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte" ( Lc 12, 36 ). A l'image des enfants qui attendaient confiants la concrétisation des promesses, l'Evangile aborde celle des serviteurs qui - dans une joie contagieuse - attendent fébrilement le retour des noces de leur Maître. De plus, que ne sommes-nous capables de donner lorsque l'on est amoureux et que l'on vit dans l'euphorie d'un amour couronné par une attente faite de certitude inébranlable ! A la fin, il est très difficile de distinguer si la chose la plus importante est le cadeau attendu ou la confirmation que l'on peut se fier à la parole de celui qui s'est lié à nous par l'alliance d'une promesse échangée au point de ne plus pouvoir douter de sa parole. Nous tous, depuis notre plus tendre enfance et jusqu'à notre dernier souffle, nous nous débattons dans ce combat de la conficance en l'autre, cette confiance est l'âme du même combat de la foi en tant que promesse d'accomplissement : " sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume" ( Lc 12, 32 ).

          La foi dont l'on parle dans la seconde lecture est le voyage dont l'on parle dans la première. Mais comment oublier que la foi n'est pas quelque chose qui nous concerne d'abord, mais c'est surtout et avant tout quelque chose qui regarde d'abord Dieu lui-même ? C'est comme lorsque l'on part en montagne : nos chemins sont toujours incertains, fatiguants, et l'on a très souvent la tentation de s'arrêter. Et pourtant, la certitude que la montagne ne se déplace pas et reste où elle est, à nous attendre, cela donne la sécurité nécessaire au but incertain et fatiguant de notre cheminement. Si les montagnes se déplaçaient.....alors, les choses seraient désespérantes car chaque pas pourrait se révéler inutile jusqu'à exaspérer chaque espoir de pouvoir rejoindre notre but. La Sagesse nous exhorte ardemment et nous rappelle : " la nuit de la délivrance avait été connue d'avance par nos Pères, assurés par les promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie" alors que " dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient des sacrifices et consacraient d'un commun accord cette loi divine que les saints partageaient aussi bien dans les succès que dans les dangers" ( Sag 18, 6 - 9 ).

          De ces " succès et dangers" nous trouvons une évocation litanique dans le onzième chapître de la Lettre aux Hébreux dont nous lisons une partie de la liturgie ce dimanche. La précision nominative d'Abraham comme archétype de l'homme de foi est qu'"il attendait en fait la ville aux fondations profondes dont l'architecte et le constructeur est Dieu lui-même" ( Héb 11,10 ). C'est par cette foi inébranlable dans la promesse d'un autre que se base la capacité d'attendre et de veiller. L'invitation du Seigneur à la confiance est une invitation au labeur et à la veille festive et sereine car " a qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup , et à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage" ( Lc 12, 48 ). Que le Seigneur nous trouve à la place souhaitée et en même temps, travaillant et veillant afin qu'il trouve aussi sa juste place dans le " courage " journalier de l'exode quotidien.

          Renforce, Seigneur notre foi ! Il nous est demandé le courage des petits pas, des exodes quotidiens qui nous interpellent et font parfois vaciller notre foi en toi. Mais, Toi, Seigneur tu rends nos pas solides pour la magnifique construction d'un règne qui, dès aujourd'hui et pour toujours, nous accueille et nous lance dans le dynamisme de ton Evangile. Tu nous renforces avec une merveilleuse alliance inébranlable, semblable aux cimes les plus hautes. Pourquoi doutons-nous encore ? Aie pitié de nous, Seigneur !