Aujourd'hui, la parole

Quelle Paix?
Saturday, 17 August 2019
XX Dimanche du T.O. ( Jr 38, 4 - 6. 8 - 10 / Ps 39 / He 12, 1 - 4 / Lc 12, 49 - 57 )             La lettre aux Hébreux nous invite à vivre " le regard fixé sur Jésus" qui est à l'origine et au terme de la foi" ( Hé...

V Dimanche de Pâques

( Act 14, 21- 27 / Ps 144 / Ap 21, 1 - 5 / Jn 13, 31 - 35 )

 

        La conclusion de la première lecture de ce dimanche est déjà un avant-goût du feu de la Pentecôte et de la poignante nostalgie qui signe le chemin des croyants à partir du moment de l'Ascencion du Seigneur qui retourne près de son Père. Nous sommes ainsi poussés vers le large : " ils s'embarquèrent sur un voilier pour Antioche, là où ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l'oeuvre qu'ils avaient accomplie" ( Act 14, 26 ). Dans l'Evangile, le Seigneur Jésus nous aide à mieux comprendre ce qu'est ce voilier qui est capable de porter notre vie toujours plus au large en nous permettant d'avancer, joyeux et en sécurité sur les abysses de la mer de nos peurs et de nos frayeurs. Sa parole est simple, essentielle, fondamentale : " Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns, les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns, les autres" (Jn 13, 34 ). L'évangéliste tient à spécifier que le Seigneur Jésus a attendu que Judas soit " sorti" (13,31) ) avant de donner à ses disciples le mandat d'être plus qu'apôtres, mais de véritables reflets de son union avec le Père : " A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres" ( 13, 35 ).

        Un signe distinctif de l'amour est la capacité de respecter et, par certains côtés, d'aimer même le refus de l'amour ! Pour cela, le Seigneur laisse partir dans la " nuit ", l'un de ses diciples, au coeur tourmenté et déçu, selon l'on désir, sans lui imposer inutilement le fardeau d'un appel à aimer, car maintenant, désormais, la vie de Judas s'est complètement fermée . Le Seigneur Jésus aime jusqu'à savoir porter une fermeture qui ne peut être forcée par l'amour si ce n'est par l'absolu respect du non-amour. Comme l'écrivait et continuait à le dire Raoul Follerau : " la charité est l'ordre qui règne dans la vie même de Dieu,            et elle se fait reflet de son éternité pour nous" et, il ajoute : " seulement ainsi nous pourrons devenir vraiment humains". En attendant, notre humanité est comme le bateau évoqué dans la première lecture : il ne peut avancer défiant les courants et les vagues ou s'accomodant des vents, seulement dans la mesure où sa propre voile se pliera au souffle de l'Esprit. La note d'introduction de l'évangile de ce jour, n'est pas simplement une façon de contextualiser la parole de Jésus à ses disciples, mais elle nous permet de comprendre jusqu'à quel point le " commandement" ( Jn 13, 33 ) que le Seigneur confie aux siens, s'enracine dans une expérience de don absolu. C'est seulement " quand Judas fut sorti du Cénacle" ( 13, 31 ), consumant ainsi sa distance avec le Seigneur , qu'au lieu de commenter la trahison, Jésus leur demande un surplus d'amour, une mesure encore plus grande de passion. Le Seigneur connaît notre coeur comme il connaissait le coeur de Judas, et il sait bien combien la mesure de notre amour est pauvre et fragile. Et, c'est pour cela         ,qu'il ne nous demande pas simplement d'aimer, mais il nous demande d'imiter son amour en le faisant circuler et, par sa force vitale, recréer continuellement le fondement de notre intériorité. Le Seigneur Jésus ne se contente pas de dire " aimez-vous les uns, les autres," mais il ajoute " comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous, les uns, les autres" ( 13, 34 ).

        Ce que Jean  atteste voir dans l'Apocalypse, est ce que nous attendons tous de voir : " un ciel nouveau et une terre nouvelle" ( Ap 21, 1 ). Ce ciel nouveau, cette terre nouvelle ne peuvent être que le fruit de l'accueil plein et généreux de ce " commandement nouveau" ( Jn 13, 32 ) qui demeure sur les lèvres du Seigneur Jésus tout comme l'invitation à l'accueillir comme " époux" ( Ap 21, 2 ) de notre vie pour nous initier à l'art d'aimer. Et l'amour est toujours contemporain au désir cueilli et accueilli par l'oeil du coeur capable de voir si profondément au-delà de toute apparence. L'amour est toujours " Maintenant" ( Jn 13, 31 ) et l'est dans la force totale d'un présent absolu capable de donner un futur à chaque mémoire.

        Seigneur de tendresse et de force, Seigneur de l'Amour, toujours au-delà, sans mesure....! Seigneur notre frère, père, mère, ami. Seigneur qui nous attire à toi pour nous enseigner l'alphabet de l'amour, continue de parler à notre coeur, en nous murmurant les gestes et les paroles, qu'ils nous rendent reflet de ton amour pour les frères et soeurs que nous rencontrons sur notre chemin.