Aujourd'hui, la parole

Convertir… la manière
Saturday, 23 March 2019
                                                          III Dimanche de Carême                                 ( Ex 3 passim / Ps 102 / 1 Co 10 passim / Lc 13, 1 – 9 )             Le texte de l’Evangile de ce dimanche, nous demande et nous permet de faire un pas supplémentaire sur notre chemin de...

( Is 40, 1 - 5. 9 - 15 / Ps 103 / Tite 2, 11 - 14, 3, 4 - 7 / Lc 3, 15 - 16 . 21 - 22 )

          

Par la fête d’aujourd’hui, nous portons à leur accomplissement les jours de la joie de Noël : l’enfant que nous avons accueilli avec Marie et Joseph dans l’humilité et le provisoire d’une crêche, cet enfant, emmailloté de langes, que nous avons reconnu - avec les bergers - comme Sauveur, et que nous avons adoré comme lumière du monde - avec les Mages -……voici qu’il se fait homme jusqu’à être humain en tout. Ce grand mystère n’arrive pas dans un recoin de la nuit de Bethléem où les anges dansent et où brille une étoile nouvelle, mais en plein jour : sur les rives du Jourdain, devant tout le monde ! Nous ne pouvons donc pas cacher une certaine déception face à ce long silence et à cette grande parenthèse biographique de Jésus enfant et adolescent et nous nous trouvons soudain face à un homme mûr au sommet de sa vitalité. Avec son habituelle exactitude d’historien, l’évangéliste Luc, nous dit : qu’il «  avait environ trente ans » ( Lc 3, 23 ). L’Evangile et avec lui la Liturgie nous aident à entrer dans le mystère de la vie cachée de Jésus rassemblant en un résultat final tout ce temps d’attente et de préparation. Le Seigneur Jésus descend au Jourdain et «  quand toute la foule fut baptisée » - et seulement alors - nous dit-on, «  il reçut lui aussi le baptême », devenant , entièrement et en tout point de vue, l’un des nôtres, semblable à nous et pourtant si différent de chacun de nous.

Le cri du prophète résonne alors, vrai et fort : «  consolez, consolez mon peuple….parlez au cœur et proclamez-le » ( Is 40, 1 ). Avec la même émotion, l’apôtre se rappelle : «  la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ( Tite 2, 11 ). Non un salut extérieur, mais un don intime à la saveur d’épousailles : «  Il s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien » ( Tite 2,14 ). Dans les eaux du Jourdain, Jésus n’a pas craint l’impureté que chacun de nous y a mystiquement déposée, mais il s’y est introduit comme dans la chambre nuptiale. Son humanité est descendue dans ce «  palais de l’ivresse » ( Ct 2,4) où «  celui qui s’unit au Seigneur forme avec Lui un seul esprit » ( 1 Co 6, 17 ).

Mais, qu’a donc fait Jésus ? L’évangéliste Luc fait entrer Jésus dans sa vie publique en disant seulement et simplement «  Il était en prière» ( Lc 3, 21 ). Le chemin pour rejoindre la «  pleine maturité » ( Eph 4, 13 ) de l’humanité, semble vraiment être la prière. Cette capacité de rester devant Dieu tout en gardant les pieds sur terre dans la boue et en même temps le regard tourné vers le ciel, fait de nous, non seulement des êtres vivants, mais des êtres humains. Pour que le Père soit comblé par nous, il n’est pas nécessaire de faire beaucoup, il suffit «  d’être prière » ( Ps 108 ). Ceci est l’œuvre la plus grande, sans doute la plus difficile, mais sûrement la plus humaine car si divine. La prière nous permet de forger l’homme nouveau qui demande à être continuellement régénéré dans la joie et la paix. Entre l’enclume de la présence de Dieu et le marteau de notre désir d’être fils et frères, se forge ce que déjà nous sommes et que pourtant nous devons devenir encore. Le Seigneur Jésus s’est fait chair par l’œuvre de l’Esprit Saint et il est devenu homme à travers le long cheminement de la croissance vécue dans la prière. Sa capacité d’être «  cet Agneau qui se tenait sur le mont » ( Ap 14, 1 ) devant Dieu, dans toute da nudité d’homme si proche de l’éternelle beauté divine. Devenons donc les «  fidèles imitateurs » ( Collecte ) de Jésus dont la généalogie culmine ainsi «  fils d’Adam, fils de Dieu » ( Lc 3, 38 ). Alors, que nous arrivons à l’accomplissement du temps de la période de Noël, le temps de l’imitation et de la conformité s’ouvre pour nous.

Tu es, Seigneur Jésus, le modèle de notre humanité et la promesse de notre espérance d’humanisation. Soutiens notre cheminement de conversion à ton dessein d’amour et fais de nous , fils du Père, des frères joyeux et en joués. Emmanuel, Dieu avec nous !